Publiée récemment, la rétrospective 2025 de la DEAL Guadeloupe dresse le panorama d’une année dense, marquée par des actions concrètes sur le logement, l’aménagement du territoire, la préservation de l’environnement et la cohésion sociale. Derrière cette chronologie institutionnelle, se dessine une ligne directrice claire : adapter les politiques publiques aux réalités ultramarines, tout en inscrivant l’action de l’État dans la durée.
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Logement et rénovation urbaine : une mobilisation renforcée en 2025
L’année 2025 s’est d’abord distinguée par une forte mobilisation autour du logement et de la rénovation urbaine. Le premier semestre a été rythmé par plusieurs visites officielles dans le cadre du projet de renouvellement urbain de Cap Excellence. Ces déplacements ont permis de consolider les partenariats et de signer un plan d’action dédié au relogement, en lien avec les bailleurs et opérateurs du territoire.
Dans ce contexte, l’élargissement du crédit d’impôt à la réhabilitation de logements constitue un levier supplémentaire pour lutter contre l’insalubrité et l’habitat indigne, une problématique particulièrement prégnante en Guadeloupe. En parallèle, de nouvelles commissions ont été mises en place afin d’adapter les normes de construction aux spécificités locales.
Aménagement du territoire : intégrer les risques et limiter l’artificialisation
Au-delà du logement, la question de l’aménagement du territoire a occupé une place centrale. Après trois années d’échanges de connaissances et de retours d’expérience, un quatrième club de restitution a permis d’identifier plusieurs leviers d’action structurants. L’objectif est d’aménager autrement.
Intégrer davantage les risques naturels, préserver les milieux, favoriser la renaturation et limiter l’artificialisation des sols. Dans cette perspective, l’urbanisme circulaire apparaît comme une réponse opérationnelle, tout comme la réflexion engagée sur le lien entre propriété foncière et constructibilité.
Eau et biodiversité : renforcer la coordination à Saint-Martin
Les enjeux liés à l’eau et à la biodiversité ont également marqué l’année. À Saint-Martin, une visite officielle a permis de renforcer le dialogue entre les services de l’État et les acteurs locaux autour de la gestion durable de la ressource en eau et de la préservation des écosystèmes.
Les échanges ont mis en lumière les projets en cours, mais aussi les difficultés opérationnelles et les besoins de coordination renforcée, dans un contexte insulaire particulièrement exposé aux effets du changement climatique.
Logement à Saint-Martin : des opérations concrètes et chiffrées
Toujours à Saint-Martin, plusieurs actions concrètes ont illustré cette volonté de passer rapidement de la stratégie à l’opérationnel. La signature d’une convention tripartite entre l’État, la Collectivité et Action Logement a ouvert la voie à la création de logements sociaux et intermédiaires. La réhabilitation d’un immeuble abandonné permettra ainsi de produire quatorze logements, en conservant 70 % du gros œuvre existant.
Les loyers, fixés à 14,50 € par mètre carré, restent environ 30 % inférieurs aux prix du marché. Le montage financier associe la Collectivité de Saint-Martin, la SIKOA et la Caisse des Dépôts, pour un projet combinant sobriété foncière et accessibilité économique.
Sécurité routière, inclusion et actions de terrain
L’année 2025 a également été marquée par des actions de terrain visibles du grand public. Dans la zone industrielle de Jarry, une opération de contrôle routier positif a permis de sensibiliser les conducteurs aux comportements à risque. Sur 72 infractions relevées, 46 ont donné lieu à des alternatives pédagogiques, tandis que 26 ont fait l’objet de verbalisations classiques. À l’inverse, quatorze conducteurs respectueux des règles ont été récompensés. Cette approche, privilégiant la prévention, s’inscrit dans une logique de responsabilisation plutôt que de sanction systématique.
Les thématiques de l’accessibilité et de l’inclusion ont, elles aussi, occupé une place importante. Villages d’acteurs engagés, ateliers ludiques, activités sportives adaptées et actions de sensibilisation ont mobilisé administrations, associations et institutions. Au total, 313 scolaires issus de 4 EPCI ont participé à ces initiatives, complétées par des temps d’échange et des animations culturelles.
Préserver les écosystèmes et s’inscrire dans une dynamique internationale
Sur le plan environnemental, la relance du comité local IFRECOR Guadeloupe après sept ans d’interruption constitue un temps fort de l’année. Services de l’État, collectivités, chercheurs et acteurs socio-professionnels se sont réunis autour d’un objectif commun : construire une vision partagée et ambitieuse pour la préservation des récifs coralliens, des herbiers marins et des mangroves.
Cette dynamique s’inscrit dans un cadre plus large, avec la participation aux travaux internationaux de la Convention de Carthagène et la poursuite des groupes de travail dédiés aux requins et aux sargasses.









