Dans sa Stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique et de la politique énergétique nationale (SPAFTE 2025), transmise au Parlement en lien avec le projet de loi de finances pour 2026, l’État dresse un cadre global des investissements nécessaires à la transition écologique. Si le document reste construit à un niveau national, plusieurs encadrés mettent en lumière des enjeux et financements spécifiques aux territoires ultramarins, sur des sujets structurants.
La gestion des déchets constitue l’un des points les plus explicitement traités. Le rapport souligne un taux d’enfouissement de 67 % dans les DROM, contre 15 % en France métropolitaine, révélant un retard d’équipements et de filières de valorisation. Mayotte et la Guyane sont identifiées comme particulièrement exposées aux dépôts sauvages. En réponse, la SPAFTE mentionne des investissements de rattrapage, un appel à manifestation d’intérêt en Guyane pour la valorisation locale des déchets et des projets de centres de valorisation à La Réunion.
L’accès à l’eau fait également l’objet d’un focus spécifique. Les Outre-mer sont décrits comme plus vulnérables aux sécheresses et aux tensions structurelles sur la ressource, du fait de réseaux fragiles et d’une forte exposition climatique. À ce titre, le rapport cite le Plan eau à Mayotte, doté de 30 millions d’euros d’autorisations d’engagement en 2025, dans un programme global estimé à 65 millions d’euros, destiné à sécuriser la production, le stockage et les réseaux.
Sur le volet du bâti, la SPAFTE met en avant la nécessité d’un “réflexe adaptation” dans les territoires exposés aux risques climatiques. Les Outre-mer sont directement concernés, notamment face aux aléas cycloniques. Le document rappelle ainsi la mobilisation de 5,5 millions d’euros du Fonds vert en 2024 pour des actions de protection des bâtiments contre les cyclones, ciblant prioritairement les territoires ultramarins.
Au-delà de ces encadrés, la stratégie rappelle que les DROM sont intégrés aux dispositifs nationaux de soutien à la transition énergétique, comme MaPrimeRénov’, les CEE avec fiches spécifiques Outre-mer, ou encore les mécanismes propres aux zones non interconnectées, avec un accent mis sur l’isolation, la protection solaire et le confort d’été.
Sans proposer de trajectoire financière dédiée aux Outre-mer, la SPAFTE 2025 acte néanmoins plusieurs priorités sectorielles clairement identifiées pour ces territoires, à la croisée des enjeux de déchets, d’eau et d’adaptation du bâti aux risques climatiques.
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