Relance du logement : l’État fixe le cap de 2 millions de logements d’ici 2030

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Face à une crise du logement qui s’installe durablement, le Gouvernement lance le plan « Relance Logement » avec un objectif clairement affiché : produire deux millions de logements supplémentaires d’ici 2030. Le document signé par le Premier ministre, le ministre de la Ville et du Logement et les principales fédérations du secteur dresse un constat sévère de la situation actuelle et détaille les premiers leviers mobilisés dès 2026.

En 2024, le logement représente 28 % de la dépense de consommation finale des ménages, loin devant l’alimentation et les transports. Pour les ménages modestes, cette part atteint près de 40 %, accentuant les tensions sur le pouvoir d’achat.

À cette pression budgétaire s’ajoute une hausse structurelle des prix : entre 1996 et 2022, le prix des appartements a été multiplié par 3,3 en France métropolitaine, alors que l’inflation cumulée s’est limitée à 50 %. La remontée rapide des taux d’intérêt a ensuite provoqué une contraction du pouvoir d’achat immobilier, entraînant une chute de 25 % de la construction neuve depuis 2022.

Le logement social n’échappe pas à ces déséquilibres. Malgré 112 000 logements sociaux agréés en 2025, une seule demande sur sept a pu être satisfaite, portant le nombre de ménages en attente à 2,9 millions. Dans le même temps, la dynamique démographique, l’évolution des modes de vie et le vieillissement de la population renforcent les besoins, alors même que le parc existant, bien que quantitativement important, nécessite d’importants efforts de rénovation et de décarbonation.

Relancer l’investissement locatif privé dès 2026

Le premier axe du plan vise à relancer rapidement l’investissement locatif privé. Dès 2026, un nouveau dispositif fiscal inscrit au projet de loi de finances doit permettre la production de 50 000 logements locatifs supplémentaires par an.

Il repose sur un mécanisme d’amortissement du bien, autorisant la déduction progressive du prix d’achat des revenus locatifs, et sur un dézonage complet du dispositif.

Les logements concernés pourront être situés sur l’ensemble du territoire, sans plafond de ressources, et incluront aussi bien le neuf que l’ancien sous condition de travaux, avec un objectif affiché de remise sur le marché des logements énergivores.

Un effort budgétaire renforcé pour le logement social

Le deuxième axe concerne le logement social. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit un effort budgétaire de 500 millions d’euros afin de produire 125 000 logements sociaux sur l’année.

Cet engagement doit permettre la réalisation de 110 000 logements locatifs sociaux et en accession sociale, la poursuite du renouvellement urbain avec 21 000 logements reconstitués d’ici 2027, ainsi que la rénovation et la décarbonation de 120 000 logements sociaux par an, en priorité ceux classés E, F et G.

Plusieurs mesures financières accompagnent cet objectif, dont la baisse de la réduction de loyer de solidarité, la contribution des bailleurs au fonds national des aides à la pierre et l’abaissement du taux du livret A à 1,5 % à compter de février 2026 afin d’améliorer les conditions de financement de long terme.

Accélérer les procédures et redonner de la capacité d’action aux territoires

Le troisième axe du plan porte sur l’accélération des procédures et la gouvernance territoriale. Le Gouvernement annonce une série de mesures destinées à lever les freins non financiers à la production de logements : sécurisation des bailleurs face aux impayés, poursuite de la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, transformation accélérée des bureaux en logements et facilitation des travaux de rénovation énergétique, notamment en copropriété.

L’État réaffirme également son rôle d’aménageur-stratège, en proposant aux maires volontaires des outils spécifiques dans des « zones à bâtir d’urgence », assortis de dérogations aux normes pour raccourcir les délais de réalisation. Un projet de loi de décentralisation intégrant un volet logement doit par ailleurs être présenté au Parlement afin de redonner des marges d’action aux élus locaux.


Avec ce plan, l’exécutif affiche une trajectoire claire jusqu’en 2030, fondée sur la mobilisation conjointe du marché locatif privé, du logement social et de l’accession à la propriété. L’atteinte de l’objectif des deux millions de logements supplémentaires repose désormais sur la capacité de l’ensemble des acteurs de la filière à transformer ces annonces en réalisations concrètes dès les prochaines années.


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