PPE3 : objectifs revus à la baisse pour l’éolien et le solaire

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Après l’adoption du budget 2026, la France a publié sa nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), feuille de route qui encadre les orientations énergétiques nationales jusqu’en 2035. Très attendue – elle aurait dû être adoptée avant juillet 2023 – cette version envoie un signal contrasté aux filières renouvelables électriques. Selon l’analyse publiée par Observ’ER sur LinkedIn, il n’est pas question de moratoire. Mais les objectifs sont clairement resserrés.

Éolien terrestre : une trajectoire plus contrainte

La cible pour 2030 est désormais fixée à 31 GW, contre 33 GW auparavant. Pour 2035, la fourchette descend à 35–40 GW, au lieu des 40–45 GW envisagés précédemment. Ces niveaux s’alignent désormais sur les scénarios R2 et R3 du bilan prévisionnel de RTE.

Avec 24 GW déjà installés et 13,5 GW en cours d’instruction, la marge pour de nouveaux appels d’offres se réduit fortement. Le marché pourrait donc entrer dans une phase de stabilisation, voire de ralentissement.

Éolien en mer : révision mesurée

La capacité visée en 2035 passe de 18 GW à 15 GW, en cohérence avec le scénario R4 de RTE. Cette révision reflète surtout le retard pris sur un appel d’offres stratégique d’environ 8 GW, attendu depuis plus d’un an. Le frein est donc davantage calendaire que structurel.

Photovoltaïque : un net coup de frein

Le photovoltaïque subit la révision la plus marquée. L’objectif 2030 est ramené à 48 GW (contre 54 GW), et la fourchette 2035 descend à 55–80 GW (contre 65–95 GW).

Alors que la France a franchi les 30 GW installés et raccordé près de 6 GW en 2025, le rythme annuel pourrait retomber autour de 3,5 GW, soit un ralentissement estimé à près de 40 %. Pour la filière, la visibilité à moyen terme se resserre.

La chaleur renouvelable en ligne de mire

Au-delà de l’électricité, la PPE3 opère un recentrage stratégique sur la chaleur, qui représente plus de 40 % de la consommation énergétique nationale. Le texte prévoit un doublement du rythme de déploiement des solutions de chaleur renouvelable, un soutien renforcé aux pompes à chaleur, ainsi que le développement du solaire thermique, de la géothermie, du biogaz, des réseaux de chaleur et des chaufferies biomasse.

La PPE3 ne ferme donc pas la porte aux renouvelables, mais elle redessine les priorités. Moins d’accélération sur l’électricité, davantage d’efforts sur la chaleur : le message adressé aux filières est clair, la phase d’expansion rapide laisse place à une trajectoire plus encadrée.

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