Le projet de loi de finances présenté par le Gouvernement dans le cadre du 49-3 marque un point d’équilibre fragile pour le logement social. Après plusieurs mois d’incertitudes, la dernière version du texte acte une stabilisation globale des prélèvements pesant sur les bailleurs sociaux en 2026, rompant avec la trajectoire plus défavorable initialement envisagée.
Dans le détail, l’ajustement repose sur un jeu de vases communicants. La Réduction de loyer de solidarité reculerait de 1,1 milliard d’euros en 2025 à 900 millions d’euros en 2026, tandis que la contribution au Fonds national des aides à la pierre serait fortement rehaussée, passant de 75 à 275 millions d’euros.
L’effet combiné aboutit à un niveau de contribution global comparable à celui de 2025, un point jugé déterminant par Union sociale pour l’habitat.
Cet arbitrage budgétaire intervient dans un contexte où la moindre variation des prélèvements se répercute directement sur la capacité d’investissement du secteur. En 2025, la première baisse de la RLS a permis aux organismes HLM de programmer environ 115 000 logements neufs.
Pour l’USH, la stabilité annoncée pour 2026 constitue donc une condition nécessaire au maintien de cette dynamique de production, alors même que les besoins restent massifs.
Le tableau est plus contrasté du côté de la rénovation. Si une dynamique a été engagée ces dernières années, les crédits mobilisés jusque-là ne seraient pas reconduits, créant un angle mort budgétaire à court terme. L’USH appelle à une réponse rapide afin d’éviter un décrochage sur ce volet, crucial à la fois pour la qualité du parc et pour les objectifs climatiques.
Au-delà des chiffres, le débat reste éminemment politique. La présidente de l’USH, Emmanuelle Cosse, alerte sur les discussions émergentes autour d’une remise en cause de la loi SRU, estimant qu’elles risqueraient de brouiller le signal envoyé au secteur.
Elle rappelle surtout l’enjeu central : près de 2,9 millions de ménages demeurent en attente d’un logement social adapté. Un indicateur qui, selon l’organisation, doit continuer de guider les choix budgétaires, bien au-delà des ajustements comptables.
Source : Union Sociale pour l’Habitat









