PLF 2026 : le MEDEF d’Outre-mer dénonce une menace pour l’emploi et l’investissement !

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PLF 2026

Le projet de loi de finances 2026 s’annonce comme un tournant pour les économies ultramarines. Alors que Paris envisage une réduction massive des dispositifs de soutien à l’emploi et à l’investissement, les présidents des MEDEF d’Outre-mer tirent la sonnette d’alarme. Au cœur du débat, deux piliers de la compétitivité des territoires : la LODEOM sociale et les aides fiscales à l’investissement productif.

Une alerte patronale qui résonne dans tous les territoires

La pétition lancée par les présidents des MEDEF ultramarins n’est pas un simple cri de colère. C’est un signal politique et économique adressé au gouvernement : les réformes budgétaires du PLF et du PLFSS 2026 risquent de déstabiliser un équilibre déjà fragile.

Selon leurs informations, les coupes pourraient atteindre 800 millions d’euros par an, un montant qui équivaut à plusieurs points de PIB dans certains territoires.

Cette mobilisation, rare par son unité, réunit les voix de la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion, la Martinique, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

Ensemble, ils alertent : sans les dispositifs actuels, la hausse du coût du travail serait brutale, les embauches freinées et les petites entreprises placées en danger immédiat.

Des dispositifs conçus pour corriger les déséquilibres structurels

Derrière l’acronyme LODEOM se cache un mécanisme clé de la politique économique ultramarine : une série d’exonérations de cotisations patronales visant à compenser les surcoûts liés à l’insularité, à l’éloignement et à la taille réduite des marchés.

Ces allègements représentent souvent entre 10 % et 20 % du coût salarial total dans les secteurs les plus intensifs en main-d’œuvre, comme le BTP, l’agroalimentaire ou le commerce de proximité.

Les aides fiscales à l’investissement productif, elles, soutiennent les entreprises qui modernisent leurs équipements, construisent des bâtiments industriels ou investissent dans l’énergie et le tourisme. Elles permettent à de nombreuses PME locales d’absorber des coûts logistiques et financiers autrement insurmontables.

Sans ces leviers, les Outre-mer subiraient de plein fouet leurs handicaps structurels : prix de l’énergie, coûts de transport, dépendance aux importations.

Un choc annoncé pour les TPE-PME ultramarines

Réduire de 800 millions d’euros les soutiens publics reviendrait à provoquer un séisme économique. Dans les DOM, où les TPE-PME constituent plus de 95 % du tissu entrepreneurial, la moindre variation du coût du travail peut entraîner des licenciements ou des reports d’investissement.

Le BTP, déjà confronté à la hausse des prix des matériaux, serait le premier impacté : renchérissement des marchés publics, baisse des marges, ralentissement des chantiers.

Dans le commerce et les services, les chefs d’entreprise craignent une vague de fermetures, notamment dans les zones rurales ou isolées. En Guyane ou à La Réunion, où l’emploi salarié privé reste fragile, cette réduction d’aides pourrait faire reculer l’investissement productif local de plusieurs centaines de millions d’euros.

L’équation est simple : sans soutien structurel, les économies ultramarines perdraient leur principale soupape d’équilibre.

La remise en cause du principe de différenciation ultramarine

Au-delà des chiffres, la réforme envisagée interroge un principe fondamental : celui de la différenciation territoriale. Depuis la départementalisation, l’État reconnaît que l’égalité réelle passe par des mécanismes d’ajustement tenant compte des contraintes insulaires.

Les dispositifs LODEOM et fiscaux ne sont donc pas des privilèges : ils incarnent la traduction budgétaire de la solidarité nationale.

Y renoncer brutalement reviendrait à nier la spécificité des Outre-mer. Pour les entrepreneurs, cette orientation envoie un message contradictoire : comment parler de relance, d’autonomie énergétique ou de transition écologique, tout en réduisant les moyens d’y parvenir ?

Les territoires ultramarins, qui expérimentent déjà de nouveaux modèles — production locale, circuits courts, énergies renouvelables —, risqueraient de voir leurs efforts freinés par un effet d’arbitrage purement budgétaire.

Repenser plutôt que supprimer

Face à cette perspective, plusieurs économistes appellent à la nuance. Plutôt qu’une suppression sèche, certains prônent une réforme progressive et ciblée : maintenir les exonérations pour les TPE et les secteurs stratégiques, tout en adaptant les barèmes pour les grands groupes.

D’autres suggèrent de réorienter une partie des budgets vers des dispositifs plus performants, comme le Fonds Vert, le Fonds exceptionnel d’investissement (FEI) ou encore les programmes de décarbonation du BTP.

Cette approche graduelle permettrait de préserver la compétitivité locale sans alourdir indéfiniment la dépense publique. Mais elle suppose un travail de fond sur la transparence des exonérations, les effets réels sur l’emploi et la manière dont chaque territoire absorbe ou non ces aides.


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