À l’issue de son Conseil d’administration du 16 décembre 2025, l’Agence nationale de l’habitat a présenté, dans un communiqué, ses orientations pour 2026. L’Anah y confirme le maintien de son budget à un niveau comparable à celui de 2025, tout en actant plusieurs évolutions destinées à sécuriser les parcours des ménages et à renforcer la qualité des projets soutenus. Cette ligne de continuité s’inscrit dans le prolongement d’une année 2025 marquée par une activité record et des tensions de gestion, dont l’établissement entend désormais tirer les enseignements.
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Un budget maintenu pour sortir de la logique du « stop-and-go »
Le budget global de l’Anah pour 2026 atteindrait près de 4,6 milliards d’euros, dont environ 4,4 milliards d’euros d’aides directes aux ménages, sous réserve de l’adoption de la loi de finances. Le maintien à un niveau comparable à celui de 2025 constitue un signal de stabilité adressé à l’ensemble des acteurs de la rénovation et de l’amélioration de l’habitat.
Après une année 2025 qualifiée d’exceptionnelle en volume d’activité, mais aussi marquée par des tensions opérationnelles, l’Anah cherche avant tout à consolider. Cette continuité budgétaire vise à offrir de la visibilité aux ménages comme aux professionnels, en rompant avec les cycles d’ouvertures et de fermetures brutales des dispositifs.
L’objectif affiché est clair : permettre une programmation plus sereine des projets et éviter les effets de rupture qui fragilisent les parcours.
Qualité des projets : une priorité qui structure l’ensemble des choix
Au-delà des montants, les orientations 2026 traduisent une montée en exigence sur la qualité des opérations accompagnées. L’Anah fixe ainsi un objectif d’au moins 120 000 rénovations d’ampleur, en maison individuelle comme en copropriété, tout en maintenant un volume significatif de rénovations par gestes, estimé à 150 000 opérations.
Ces interventions ciblées s’inscrivent explicitement dans une logique de décarbonation des systèmes de chauffage, en cohérence avec la Stratégie nationale bas carbone n°3 actuellement en consultation.
Cette approche traduit une volonté d’équilibre. Il ne s’agit pas d’opposer rénovation globale et actions ponctuelles, mais de structurer un parcours cohérent, adapté aux capacités financières et techniques des ménages.
La montée en puissance de MaPrimeAdapt’, avec un objectif de 41 000 logements adaptés à la perte d’autonomie, s’inscrit dans cette même logique de qualité d’usage et de durabilité des interventions.
MaPrimeRénov’ : une réouverture encadrée pour restaurer la confiance
L’une des annonces majeures concerne la réouverture intégrale du guichet MaPrimeRénov’ à l’ensemble des ménages à compter de janvier 2026, là encore sous réserve de l’adoption de la loi de finances.
Cette décision répond à une attente forte, après une période d’incertitude qui a pesé sur les porteurs de projets comme sur les professionnels.
Pour autant, l’Anah insiste sur le caractère maîtrisé de cette réouverture. Pilotage budgétaire renforcé, dialogue accru avec les territoires et exigence élevée sur la qualité des projets doivent permettre d’éviter les dérives observées par le passé.
La réouverture ne marque donc pas un retour aux pratiques antérieures, mais l’inscription de MaPrimeRénov’ dans un cadre plus structuré, visant à redonner lisibilité et confiance sans renoncer à la rigueur.
Lutte contre la fraude : un levier de sécurisation des parcours
Les orientations 2026 accordent une place centrale au renforcement de la lutte contre la fraude, dans le prolongement de la loi du 30 juin 2025 relative aux fraudes aux aides publiques. Face à la professionnalisation des tentatives de fraude, l’Anah adapte son cadre réglementaire.
Encadrement renforcé des mandataires financiers, exigences accrues en matière de capacité financière et de contrôle interne, extension des contrôles, y compris à distance, et création d’une commission unique des sanctions : l’arsenal se veut plus cohérent et plus efficace. L’objectif n’est pas uniquement répressif.
Il s’agit avant tout de protéger les ménages, de sécuriser les parcours et de garantir que chaque euro d’aide publique finance des projets de qualité, portés par des acteurs fiables.
Une territorialisation renforcée pour répondre aux réalités locales
La dimension territoriale demeure un pilier de l’action de l’Anah. En 2026, 85 % des aides continueront d’être instruites localement, au plus près des réalités de terrain. Cette organisation permet d’adapter les dispositifs aux contextes locaux et de mieux répondre aux besoins spécifiques des territoires.
Plusieurs ajustements viennent renforcer cette approche. L’expérimentation en faveur de la rénovation des petites copropriétés est prorogée afin de lever les freins rencontrés dans les centres anciens. La prime « sortie de vacance » est étendue pour favoriser la remise sur le marché de logements vacants, notamment dans les territoires ruraux.
Des adaptations spécifiques sont également confirmées pour les Outre-mer, afin de garantir l’opérationnalité des aides dans des contextes climatiques, techniques et économiques particuliers.
Ce que ces orientations changent concrètement pour 2026
Pour les ménages, les orientations 2026 offrent une plus grande lisibilité des dispositifs et une sécurisation accrue des parcours, à condition que la loi de finances confirme les arbitrages annoncés.
Pour les professionnels, elles dessinent un cadre plus stable, mais aussi plus exigeant, dans lequel la qualité des projets et la conformité des pratiques deviennent déterminantes.
Pour les collectivités, enfin, la territorialisation renforcée et le maintien des moyens constituent des leviers essentiels pour articuler politiques locales de l’habitat et dispositifs nationaux.









