À la fin de l’année 2025, l’économie mahoraise montre des signes d’amélioration. Dans sa note de conjoncture publiée en mars 2026, l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) souligne que l’activité économique repart progressivement, portée notamment par les chantiers de reconstruction engagés après le cyclone Chido. Comme le résume le rapport, « l’activité économique entame une reprise progressive en fin d’année », tandis que l’indicateur du climat des affaires repasse au-dessus de sa moyenne de longue période.
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Une conjoncture économique mieux orientée
L’amélioration du climat économique apparaît d’abord à travers l’indicateur du climat des affaires (ICA), qui progresse de 1,7 point pour atteindre 112,8 points à la fin de l’année 2025. Ce niveau se situe au-dessus de sa moyenne de longue période, signe d’une perception plus favorable de la situation économique par les entreprises.
Cette évolution traduit notamment une activité qui se redresse progressivement. Les entreprises interrogées par l’IEDOM évoquent des carnets de commandes mieux orientés et un environnement économique légèrement plus dynamique qu’au cours des trimestres précédents.
Dans le même temps, l’inflation reste contenue. L’indice des prix à la consommation augmente de 1,3 % sur un an, un niveau proche de celui observé à l’échelle nationale.
Cette progression est principalement portée par les prix de l’alimentation, en hausse de 5,1 %, tandis que les prix de l’énergie reculent nettement, de –9,4 %, sous l’effet de la baisse des tarifs de l’électricité et des produits pétroliers.
Le BTP porté par les chantiers de reconstruction
Dans ce contexte de reprise progressive, le secteur de la construction apparaît comme l’un des moteurs de l’activité économique locale. Les travaux engagés pour réparer les dégâts causés par le cyclone Chido continuent de soutenir l’activité des entreprises du bâtiment.
Les carnets de commandes restent bien remplis et les chefs d’entreprise interrogés indiquent une progression de l’activité ainsi qu’une hausse des effectifs dans le secteur. Les charges d’exploitation demeurent également relativement bien orientées, ce qui contribue à stabiliser l’activité des entreprises.
Plus globalement, la reconstruction joue un rôle central dans la dynamique économique actuelle. Une partie importante des entreprises déclare avoir déjà retrouvé son niveau d’activité d’avant le cyclone, tandis que d’autres anticipent un retour progressif dans les prochains mois.
Des entreprises encore fragilisées financièrement
Malgré cette amélioration de l’activité, la situation financière de nombreuses entreprises reste fragile. Les trésoreries demeurent sous pression et les délais de paiement constituent toujours un sujet de préoccupation pour une partie des acteurs économiques.
L’IEDOM souligne que la reconstruction repose encore largement sur les ressources propres des entreprises. Selon l’enquête de conjoncture, « l’effort de réparation des dégâts post-CHIDO repose pour le moment sur les fonds propres des entreprises », notamment parce que les sinistres ne sont pas toujours couverts par les assurances ou que les montants de prise en charge n’ont pas encore été évalués.
Cette situation peut peser sur la solidité financière des entreprises, d’autant que les difficultés d’approvisionnement persistent dans certains secteurs et maintiennent les stocks de matières premières à un niveau relativement faible.
Une consommation des ménages en reprise
La reprise économique s’appuie également sur une amélioration progressive de la consommation des ménages. Après un premier semestre contrasté et un troisième trimestre plus stable, les achats des ménages repartent à la hausse en fin d’année.
Les importations de biens de consommation courante progressent de 12,1 %, tandis que les importations d’équipements du foyer augmentent de 7,6 % au cours du trimestre. Sur un an, la progression est encore plus marquée : les produits d’équipement du foyer enregistrent une hausse de 50,7 %, et les produits courants de 25,7 %.
Cette évolution reflète en partie les besoins liés au remplacement d’équipements endommagés ou détruits lors du cyclone. Les crédits à la consommation ont également été mobilisés pour financer des travaux de réparation et de reconstruction.
Des importations à un niveau record
La dynamique de reconstruction se reflète également dans le commerce extérieur. Les importations repartent nettement à la hausse au quatrième trimestre 2025, avec une progression de 3,8 % après un léger repli au trimestre précédent.
Les biens intermédiaires, les produits de consommation courante et les biens d’équipement figurent parmi les catégories les plus dynamiques. Au total, les importations atteignent un niveau inédit et dépassent pour la première fois le seuil des 300 millions d’euros sur un trimestre.
À l’inverse, les exportations restent limitées. Bien qu’elles progressent de 10,1 % sur un an, elles demeurent très faibles par rapport aux importations, avec un taux de couverture de seulement 1,2 %.
Des perspectives positives mais encore prudentes pour 2026
Pour le début de l’année 2026, les entreprises interrogées par l’IEDOM anticipent une poursuite de l’activité. Les perspectives restent globalement favorables, même si le rythme de progression pourrait être plus modéré.
Plusieurs facteurs d’incertitude demeurent toutefois. Les entreprises restent attentives à l’évolution des prix, aux difficultés d’approvisionnement et à la solidité financière de certains acteurs économiques.
La fin de l’année 2025 marque ainsi une phase de redressement pour l’économie mahoraise. Portée par les travaux de reconstruction et par une reprise progressive de la consommation, l’activité retrouve un certain dynamisme.
Dans ce contexte, le secteur du bâtiment apparaît comme l’un des piliers de cette reprise, même si la consolidation de cette dynamique dépendra en partie de la capacité des entreprises à renforcer leur situation financière au cours des prochains mois.

Source : IEDOM – Tendances conjoncturelles au 4ème trimestre 2025 – Mayotte









