MARTINIQUE. entre stabilisation économique et fragilité du BTP

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Martinique

L’économie martiniquaise termine l’année 2025 sur un rythme modéré. Si l’activité des entreprises montre quelques signes de stabilisation au quatrième trimestre, plusieurs indicateurs traduisent une dynamique encore fragile. Dans ce contexte, le secteur du bâtiment demeure particulièrement exposé aux tensions économiques, malgré quelques signaux d’activité légèrement mieux orientés en fin d’année.

Une fin d’année marquée par une stabilisation de l’activité

Selon la note de conjoncture publiée par l’IEDOM, l’indicateur du climat des affaires s’établit à 102,1 au quatrième trimestre 2025, en très léger recul de 0,4 point par rapport au trimestre précédent.

Ce niveau reste toutefois supérieur à la moyenne de longue période fixée à 100, signe que l’économie parvient à se maintenir malgré un environnement encore incertain.

L’institut souligne que la fin d’année apparaît globalement plus favorable que les mois précédents. Dans son analyse, l’IEDOM observe que « les anticipations favorables perçues ces derniers trimestres se matérialisent par une fin d’année plutôt positive ».

Mais cette amélioration reste fragile : « les perspectives sont moins bien orientées pour le début d’année », ce qui compromet l’hypothèse d’une accélération économique à court terme.

Dans les faits, les chefs d’entreprise interrogés décrivent une année marquée par une activité économique ralentie. La croissance du chiffre d’affaires apparaît souvent stable, voire quasi nulle, sur l’ensemble de l’année écoulée.

Consommation et investissement : des signaux contrastés

Plusieurs indicateurs économiques confirment cette situation d’équilibre fragile. La consommation des ménages montre des signes d’hésitation au quatrième trimestre.

Les importations de biens de consommation durables reculent de 15 %, tandis que celles de biens non durables diminuent de 4,4 %. Les recettes de TVA enregistrent également un repli de 3,3 % sur la période.

Dans le même temps, certains indicateurs restent mieux orientés. Les ventes de véhicules aux particuliers progressent de 8,9 % sur le trimestre et de 15,1 % sur l’année, tandis que les encours de crédits à la consommation augmentent de 1,8 %.

L’investissement des entreprises demeure cependant limité, illustré notamment par un léger recul des encours de crédits d’investissement.

Autre signal de fragilité : la progression des défaillances d’entreprises. À la fin de l’année 2025, 518 entreprises sont en situation de défaillance, contre 448 un an plus tôt, soit une hausse de 15,6 %. Les secteurs du tourisme et de la construction figurent parmi les plus concernés par cette évolution.

Dans le BTP, quelques indicateurs mieux orientés

Le secteur du bâtiment illustre bien cette conjoncture contrastée. L’année 2025 s’est révélée difficile pour les entreprises du BTP, dont le chiffre d’affaires médian recule de 5 % selon les déclarations recueillies dans l’enquête de conjoncture.

Quelques indicateurs d’activité se redressent toutefois au quatrième trimestre. Les ventes de ciment progressent de 3,1 %, tandis que les importations de carrelage augmentent de 18,9 %, deux éléments qui suggèrent une activité de chantier légèrement plus soutenue en fin d’année.

Mais ces évolutions restent insuffisantes pour inverser la tendance observée sur l’ensemble de l’année. Les attestations de conformité de logements neufs reculent de 18 % sur le trimestre, confirmant la faiblesse persistante de la production immobilière.

Un secteur toujours sensible aux fluctuations économiques

Au final, la conjoncture martiniquaise apparaît davantage marquée par une stabilisation que par une véritable reprise. L’activité économique se maintient, l’inflation reste maîtrisée et certains indicateurs se redressent en fin d’année.

Mais l’ensemble demeure fragile, comme en témoigne la hausse des défaillances d’entreprises et la prudence persistante des acteurs économiques.

Dans ce contexte, le BTP reste l’un des secteurs les plus sensibles aux fluctuations de l’économie locale. Malgré quelques signaux d’activité mieux orientés en fin d’année 2025, les entreprises du bâtiment continuent d’évoluer dans un environnement économique incertain, marqué par le ralentissement de la construction neuve et une demande encore hésitante.

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