Au troisième trimestre 2025, la conjoncture de l’immobilier apparaît mieux orientée qu’au cours des trimestres précédents, même si le marché ne retrouve pas encore une dynamique de reprise. Plusieurs indicateurs cessent de se dégrader, traduisant un point d’inflexion, tandis que d’autres restent durablement affaiblis.
Le principal signal positif provient du crédit immobilier. Après deux années de forte tension, les taux d’intérêt se stabilisent autour de 3 %, ce qui se traduit par un redémarrage de la demande de financement. Ce desserrement progressif du crédit redonne de la capacité d’achat aux ménages et contribue à une reprise graduelle de l’activité, même si les volumes restent en retrait par rapport aux niveaux d’avant-crise.

Source : Banque de France, calcul SDES
Sur le marché du logement ancien, cette amélioration commence à se matérialiser. Après avoir reculé d’environ un tiers en trois ans, le nombre de transactions repart lentement depuis la fin de l’année 2024. À l’automne 2025, le volume annuel de ventes se rapproche de 920 000 logements. Les prix, de leur côté, se stabilisent : ils ne progressent pas, mais ne reculent plus, ce qui apporte davantage de lisibilité aux acteurs du marché.
Le logement neuf présente en revanche une situation plus contrastée. Les mises en vente repartent progressivement et les mises en chantier montrent des signes de reprise, avec un niveau d’activité autour de 70 000 logements sur le trimestre, encore nettement inférieur aux standards des dernières années. Les ventes aux particuliers restent, quant à elles, très faibles, à un niveau inférieur d’environ un tiers à leur moyenne récente. À l’inverse, les ventes en bloc prennent une place centrale : près d’un logement neuf sur deux est désormais acquis par des institutionnels, principalement des bailleurs sociaux.

source : IGEDD, d’après DGFiP et Bases notariales
Du côté de l’emploi, les tensions persistent. Les effectifs continuent de se contracter dans les activités immobilières, tandis que l’activité se stabilise dans la promotion et le bâtiment sans véritable rebond. Dans le secteur du bâtiment, la baisse de l’emploi se poursuit, avec environ 50 000 postes perdus par rapport au point haut atteint début 2023, illustrant la fragilité encore marquée de la filière.
Dans l’ensemble, la note confirme que le marché immobilier semble avoir atteint un point bas en 2024. Le redressement du crédit et la reprise progressive de l’ancien constituent des signaux encourageants, mais la reprise demeure incomplète et inégale. Le logement neuf et l’activité de construction restent sous pression, laissant entrevoir une fin d’année 2025 placée sous le signe d’une amélioration prudente plutôt que d’un véritable rebond.
Source : SEDES – Conjoncture de l’immobilier / Résultats au troisième trimestre 2025









