Après plusieurs années de recul marqué, l’activité des organismes Hlm semble amorcer un redressement en 2025. Dans sa publication USH Statistiques – Activité des organismes Hlm : les perspectives à fin 2025, l’Union sociale pour l’habitat dresse un état des lieux chiffré des projets de construction et de rénovation à l’échelle nationale. Les données, issues de l’Observatoire de la production locative, dessinent un rebond réel des agréments. Mais à y regarder de plus près, ce mouvement reste fragile, inégalement réparti et porteur de déséquilibres structurels, notamment dans les territoires ultramarins.
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Des agréments en hausse, mais encore loin des objectifs affichés
En septembre 2025, près de 85 000 projets de demandes d’agréments ont été recensés par les organismes Hlm, soit une hausse de 8 % par rapport à la même période en 2024.
En tenant compte des taux de concrétisation observés les années précédentes et des agréments attendus pour les autres opérateurs du logement social, le nombre total d’agréments susceptibles d’être délivrés en 2025 pourrait dépasser 90 000 logements en France métropolitaine.
Un niveau en amélioration par rapport à 2024, qualifiée par l’USH comme l’une des plus mauvaises années depuis quinze ans, mais qui demeure inférieur à l’objectif ministériel de 100 000 agréments annuels.
Ce rebond reste d’autant plus à manier avec prudence que les chiffres avancés reposent sur des projections. L’OPL recense des projets déjà déposés ou encore en préparation, dont une partie ne se concrétisera pas.
L’USH rappelle que les estimations de milieu et de fin d’année peuvent être revues à la baisse, en fonction des arbitrages financiers, des délais administratifs ou de l’évolution du contexte économique.
Une production qui se redresse, mais au prix d’un glissement qualitatif
Au-delà des volumes, la structure même de la production mérite attention. La hausse des projets d’agréments est principalement portée par les logements financés en PLS, en progression de 18 % en 2025, après une augmentation déjà soutenue en 2024.
Ces logements, aux loyers plus élevés et aux plafonds de ressources plus larges, constituent la catégorie la moins sociale du parc.
À l’inverse, les logements PLUS, cœur de cible du logement social destiné aux ménages modestes, n’enregistrent qu’une progression limitée, tandis que les PLAI, dédiés aux ménages les plus précaires, restent globalement stables avec une légère baisse.
Autrement dit, le redressement quantitatif s’accompagne d’une transformation qualitative de l’offre, qui interroge la capacité du parc social à répondre aux besoins des publics les plus fragiles.
Outre-mer : un décrochage massif en arrière-plan
La lecture territoriale renforce encore ces interrogations. En Outre-mer, les perspectives d’agréments des organismes Hlm s’effondrent en 2025, avec une baisse de 54 % et seulement 417 logements sociaux Hlm attendus sur l’année. Cette chute prolonge une tendance baissière engagée depuis trois ans.
La publication précise par ailleurs que les organismes Hlm ne représentent qu’environ 20 % de la production de logement social dans ces territoires, le reste reposant principalement sur les sociétés d’économie mixte.
Si cette précision nuance la portée des chiffres, elle n’enlève rien au signal envoyé : la production Hlm ultramarine décroche nettement, dans des territoires pourtant marqués par des besoins structurels élevés en logement et par des situations d’habitat indigne persistantes.
Rénovation énergétique : des ambitions renforcées, des freins persistants
Sur le volet de la rénovation énergétique, les organismes Hlm affichent des ambitions renforcées. En 2025, environ 160 000 logements devraient faire l’objet de travaux d’amélioration énergétique, dont près de 128 000 susceptibles de changer d’étiquette énergétique.
La part des projets entraînant un changement d’étiquette progresse sensiblement, tout comme les rénovations lourdes et les changements de vecteur énergétique.
Ces évolutions traduisent une montée en puissance des opérations les plus structurantes pour le parc. Elles se heurtent toutefois à des limites opérationnelles. En 2024, seuls trois quarts des travaux programmés ont effectivement été lancés, et ce taux tombe à deux tiers pour les projets impliquant un changement d’étiquette énergétique.
Le traitement des passoires thermiques recule, signe que les situations restantes sont souvent les plus complexes et les plus coûteuses à traiter.

Source : USH – Activité des organismes Hlm : les perspectives à fin 2025









