Dans les travaux publics, la reconnaissance des compétences techniques ne repose pas uniquement sur l’expérience déclarée ou les références de chantier. La Fédération Nationale des Travaux Publics a structuré, depuis plusieurs années, un dispositif spécifique : les Identités Professionnelles, plus communément appelées IP. Peu connues en dehors des cercles professionnels, elles jouent pourtant un rôle central dans la lecture des capacités techniques des entreprises, notamment dans le cadre des marchés de travaux.
Portées par la Fédération Nationale des Travaux Publics, les IP constituent un référentiel commun, partagé par les entreprises, les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre.
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Un outil de reconnaissance des compétences techniques
Les Identités Professionnelles visent à objectiver les savoir-faire des entreprises de travaux publics. Elles couvrent l’ensemble des métiers et des natures de travaux du secteur, avec 291 IP réparties en sept grandes familles. Chaque IP correspond à un domaine de compétences précis, défini selon la nomenclature des travaux publics.
Contrairement à une simple déclaration, l’attribution d’une IP repose sur des éléments factuels et vérifiables. Elle permet ainsi aux donneurs d’ordre d’identifier plus facilement les capacités techniques réelles d’une entreprise, en complément des références fournies dans les dossiers de consultation.
Carte professionnelle et IP : une logique fondée sur le SIREN
Les Identités Professionnelles sont indissociables de la carte professionnelle d’entrepreneur de travaux publics. Cette carte est délivrée à chaque entreprise adhérente à la FNTP et est rattachée au numéro SIREN. Dans cette logique, tous les établissements secondaires ou agences d’une même entreprise, bien que disposant de SIRET distincts, bénéficient de la même carte et des IP associées.
À l’inverse, les filiales disposant de leur propre SIREN doivent chacune détenir leur propre carte professionnelle et solliciter leurs propres IP. Ce point, souvent mal compris, conditionne pourtant la validité des références présentées dans les marchés.
Le renouvellement annuel de la carte professionnelle est lié au respect des obligations administratives et juridiques de l’entreprise, ainsi qu’au règlement des cotisations. En revanche, lors d’une nouvelle demande ou d’un renouvellement d’Identités Professionnelles, seule la partie technique du dossier est examinée.
IP coutumière ou probatoire : une question d’expérience démontrée
Le dispositif distingue 2 types d’Identités Professionnelles.
- L’IP dite « coutumière », valable 4 ans, s’adresse aux entreprises pouvant justifier d’une expérience suffisamment établie dans le domaine concerné. Elle repose sur la présentation de trois attestations de travaux de moins de cinq ans, dont au moins une de moins de trois ans.
- L’IP « probatoire », valable 2 ans, permet quant à elle de reconnaître des compétences en cours de consolidation. Elle est attribuée sur la base d’une ou deux attestations de travaux, dont une récente. Cette distinction introduit une logique progressive, adaptée à la diversité des parcours d’entreprises dans la filière.
Les attestations de travaux, pièce centrale du dispositif
Au cœur du système des IP figurent les attestations de travaux. Établies par des maîtres d’ouvrage ou des maîtres d’œuvre compétents et indépendants, elles permettent aux commissions d’évaluer concrètement les capacités techniques de l’entreprise.
Au-delà du simple intitulé du chantier, ces attestations doivent décrire précisément les travaux réalisés en propre, les quantités mises en œuvre, les moyens humains et matériels mobilisés, ainsi que les éventuelles contraintes rencontrées. Lorsque des travaux ont été confiés à des tiers, cette part doit être clairement identifiée. Pour les réseaux de canalisations, des annexes spécifiques permettent de détailler les ouvrages et les contrôles réalisés.
La FNTP insiste sur un point clé : ce sont la pertinence technique et la qualité descriptive des attestations qui priment, bien plus que leur nombre.
Un levier structurant pour les entreprises de travaux publics
Les Identités Professionnelles ne constituent pas une formalité administrative supplémentaire. Elles s’inscrivent dans une logique de structuration de la filière et de lisibilité des compétences. Pour les entreprises, elles facilitent la présentation des capacités techniques dans les réponses aux appels d’offres, renforcent la crédibilité vis-à-vis des acheteurs et contribuent à une meilleure reconnaissance par certains assureurs.
Pour les maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre, elles offrent un cadre commun d’analyse, fondé sur des critères homogènes et vérifiés.
En définitive, les IP traduisent une évolution du secteur vers une reconnaissance plus formalisée et plus transparente des savoir-faire. Un outil discret, mais désormais incontournable dans l’écosystème des travaux publics.
Pour aller plus loin, consultez la page dédiée aux IP par la FNTP ici









