L’Anah renforce le traitement de l’habitat indigne en 2025

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La lutte contre l’habitat indigne s’installe durablement dans le paysage des politiques du logement. Année après année, les volumes progressent et les dispositifs se structurent. L’édition 2025 des Chiffres clés de l’Anah apporte un éclairage précis sur cette dynamique, en confirmant la montée en puissance des interventions sur le bâti très dégradé.

En 2025, 18 338 logements ont été rénovés au titre du traitement de l’habitat indigne et très dégradé, pour un montant total de 276 millions d’euros d’aides, en hausse de 11 % par rapport à 2024. Depuis 2020, 88 623 logements ont ainsi été sortis de l’indignité. Ces chiffres, s’ils restent inférieurs aux volumes globaux de rénovation énergétique, traduisent une action ciblée sur les situations les plus critiques du parc privé.

Une problématique de plus en plus collective

La répartition des logements rénovés en 2025 révèle une évolution notable : 13 539 des 18 338 logements concernés relèvent de copropriétés. Les propriétaires occupants représentent 2 430 logements et les propriétaires bailleurs 2 369.

Cette prédominance des copropriétés montre que l’habitat indigne ne se limite plus à des situations isolées. Il touche désormais des ensembles collectifs fragilisés, où les difficultés techniques et financières s’imbriquent. Les opérations exigent alors une ingénierie renforcée, une coordination étroite avec les syndics et un accompagnement social adapté.

Pour les entreprises du BTP comme pour les collectivités, la nature des chantiers évolue : diagnostics structurels approfondis, interventions sur les réseaux, sécurisation des installations, gestion de la copropriété. Le traitement du bâti dégradé devient un processus complexe, structuré et encadré.

Des interventions lourdes et fortement solvabilisées

Le niveau d’aide moyen confirme l’ampleur des travaux engagés. En 2025, un propriétaire occupant bénéficie en moyenne de 54 778 euros d’aides pour sortir son logement de l’indignité. Pour un bailleur, l’aide moyenne atteint 26 005 euros. En copropriété, elle s’élève à 5 959 euros par logement.

Ces montants traduisent des opérations de réhabilitation profonde : traitement de l’insalubrité, reprise de structures, remise aux normes électriques ou sanitaires, parfois restructuration complète du bâti. Le document mentionne également 4 541 rénovations d’ampleur dans ce segment, signe que l’on se situe bien au-delà de la simple amélioration.

Le traitement de l’habitat indigne constitue ainsi un marché spécifique : plus technique, plus exigeant, mais également soutenu par un niveau d’aide publique significatif.

Une implication croissante des collectivités

L’action ne repose pas uniquement sur les aides individuelles. En 2025, 66 opérations de résorption de l’habitat insalubre ont été financées pour un montant de 24 millions d’euros. Par ailleurs, 459 logements ont été rénovés dans le cadre de travaux d’office, financés à hauteur de 2,1 millions d’euros.

Ces dispositifs illustrent une intervention publique plus affirmée. Lorsque les propriétaires ne réalisent pas les travaux nécessaires, la collectivité peut se substituer à eux pour garantir la sécurité et la salubrité des occupants. Cette montée en puissance traduit une volonté de sécuriser durablement le parc privé.

Une trajectoire confirmée depuis 2020

Depuis 2020, près de 88 623 logements ont été rénovés et sortis de l’indignité. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation du parc privé, marqué par 4,39 milliards d’euros d’aides distribuées en 2025 et plus de 8 milliards d’euros de travaux générés.

Le traitement du bâti très dégradé occupe une place particulière dans cet ensemble. Il répond à un impératif social, sanitaire et territorial. Dans les territoires ultramarins, où l’habitat indigne demeure particulièrement présent, ces dispositifs constituent un levier structurant pour la requalification du parc existant.

En 2025, l’Anah confirme ainsi que la lutte contre l’habitat indigne ne relève plus d’un volet périphérique. Elle s’impose comme un axe à part entière de la politique du logement, mobilisant ingénierie, collectivités et entreprises spécialisées autour d’opérations lourdes et structurantes.


Consulter ici Les Chiffres clés de l’Anah 2025


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