La semaine du BTP mettait en lumière les métiers, les formations et les débouchés

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    À l’occasion de la Semaine du BTP organisée en amont du Salon des Bâtisseurs, nous avions rencontré Claude Maceno, délégué académique à la formation continue, et Olivier Catayée, proviseur du lycée professionnel Léopold Bissol. Tous deux insistaient sur la même nécessité : mieux faire connaître les métiers du bâtiment et des travaux publics, renforcer les liens entre la formation et les entreprises, et aider les jeunes à envisager cette filière non comme une orientation subie, mais comme une voie d’avenir.

    « L’objectif pour nous, à travers ces moments forts, c’était de montrer qu’on pouvait arriver à créer de l’appétence, de l’ambition, en voyant une autre facette de métiers que l’on croyait connaître. »

    Claude Maceno

    Une semaine pour rendre la filière plus lisible

    Cette Semaine du BTP s’ouvrait le 24 mars au lycée Léopold Bissol, au Lamentin, avec une conférence de presse de lancement et une immersion dans les ateliers de l’établissement. Dès ce premier temps fort, l’enjeu apparaissait clairement : il fallait donner à voir, au plus près du terrain, ce que recouvraient réellement les métiers du bâtiment et des travaux publics.

    Claude Maceno rappelait alors que le BTP occupait une place centrale dans les enjeux territoriaux et économiques de la Martinique. Il expliquait que, lorsque l’on interrogeait les jeunes sur ce secteur, beaucoup pensaient déjà en connaître les contours, alors même qu’ils n’en percevaient souvent qu’une vision partielle. Derrière un métier apparemment bien identifié, disait-il, il existait en réalité une diversité de fonctions, de spécialisations et de parcours que cette semaine permettait justement de mieux révéler. Pour l’Académie de Martinique, il s’agissait donc de travailler en lien avec les familles, les professionnels et les établissements afin de rendre ces formations plus compréhensibles et plus attractives.

    Montrer que le BTP ne se résumait pas à quelques images toutes faites

    Dans son intervention, Claude Maceno soulignait aussi que la filière BTP faisait appel à de nombreux champs de formation : électricité, bois, menuiserie, aluminium, énergétique, climatisation ou encore froid. Cette diversité, selon lui, devait être mieux mise en cohérence pour devenir plus lisible aux yeux des jeunes et de leurs familles. Il insistait sur la nécessité de construire de véritables parcours, alors même que certaines sections pouvaient souffrir d’un manque d’effectifs lié à une connaissance insuffisante des débouchés.

    Il rappelait également que la relation entre l’école et l’entreprise devait être consolidée. La convention annoncée entre l’Académie de Martinique et la FRBTP devait précisément permettre de formaliser des liens déjà existants et de donner un cadre plus clair aux actions menées avec les professionnels. Pour lui, cette coopération était essentielle, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les enseignants, qui devaient rester connectés aux évolutions du terrain, qu’il s’agisse des pratiques de l’entreprise, de la prévention des risques, du recyclage ou de l’économie circulaire.

    « On voulait montrer que c’était une filière qui se féminisait, qui n’était pas genrée, qui n’était pas réservée aux hommes. »


    Olivier Catayée

    Au lycée Bissol, une approche concrète et moderne des métiers

    Au lycée professionnel Léopold Bissol, cette volonté prenait une forme très concrète à travers le Salon des Métiers Bissol, organisé du 24 au 27 mars. Olivier Catayée expliquait que l’établissement intervenait surtout en amont, sur les questions de formation, d’orientation et d’insertion. Dans le cadre de cette semaine, il avait voulu faire de la journée portes ouvertes un moment plus large qu’une simple visite, en montrant aux collégiens la réalité des ateliers, des outils et des compétences mobilisées dans la filière.

    Le proviseur insistait sur plusieurs points. D’abord, il rappelait que le secteur souffrait d’une pénurie de main-d’œuvre. Ensuite, il soulignait qu’il fallait corriger l’image encore trop masculine du BTP. L’établissement avait donc choisi de mettre aussi les filles en avant dans les démonstrations, afin de montrer que ces métiers étaient ouverts à tous. Enfin, il voulait donner à voir un secteur en pleine évolution, avec des ateliers de réalité virtuelle, des démonstrations d’engins et la présentation de logiciels professionnels à la pointe, dans un contexte où l’intelligence artificielle commençait elle aussi à transformer certains usages.

    Une voie professionnelle que l’établissement voulait mieux défendre

    Olivier Catayée regrettait que la voie professionnelle reste encore trop souvent sous-valorisée, en Martinique comme dans l’Hexagone. Il estimait au contraire qu’elle constituait une voie d’excellence, capable d’ouvrir de véritables perspectives d’études et d’emploi. À Léopold Bissol, rappelait-il, les parcours pouvaient aller du CAP au bac professionnel, puis au BTS, avec même une ouverture vers la licence en génie civil. L’enjeu était donc de faire comprendre aux jeunes qu’ils pouvaient construire de véritables trajectoires dans ce secteur.

    Avec 390 élèves au sein de l’établissement et plus de 437 collégiens attendus pour découvrir les formations pendant cette semaine, le lycée voulait clairement se positionner comme un pôle de ressources pour la filière. L’objectif était d’aider les jeunes à faire des choix d’orientation plus éclairés, plus volontaires, et de leur montrer que le BTP restait un secteur porteur, appelé à durer tout en évoluant avec les transitions technologiques et environnementales.

    Une dynamique appelée à s’inscrire dans la durée

    Au fond, cette Semaine du BTP ne se limitait pas à une succession d’animations ou de rendez-vous. Elle traduisait une volonté plus profonde : mieux articuler l’orientation, la formation et l’emploi dans un secteur essentiel pour la Martinique. À travers les prises de parole de Claude Maceno et d’Olivier Catayée, une idée revenait avec force : pour que la filière attire davantage, il fallait la rendre plus visible, plus concrète et plus lisible.

    En amont du Salon des Bâtisseurs, cette mobilisation collective avait ainsi permis de rappeler que le BTP ne relevait pas seulement d’un besoin économique. Il touchait aussi à la transmission des savoir-faire, à la valorisation des parcours professionnels et à la capacité du territoire à préparer ses compétences de demain.

    Philippe Pied