En décembre 2025, l’index guadeloupéen général du bâtiment et des travaux publics s’établit à 101,90, en progression de 0,2 % sur un mois. Pris isolément, le chiffre peut sembler rassurant. Pourtant, la publication de la Cellule économique régionale de la construction (CERC) de Guadeloupe révèle une réalité plus contrastée. Derrière la stabilité apparente de l’index global, certaines composantes pèsent durablement sur les coûts de construction, tandis que les dynamiques diffèrent nettement selon les segments d’activité.
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Une progression globale modérée, mais un marché loin d’être homogène
Sur un an, l’index général BTP progresse de 1,9 %, confirmant une hausse contenue mais installée dans le temps. Cette évolution moyenne masque toutefois des écarts significatifs entre le bâtiment, dont l’index atteint 101,10, et les travaux publics, qui culminent à 102,90 avec une progression mensuelle deux fois plus rapide (+0,4 %).
Cette différence traduit des réalités opérationnelles distinctes. Les activités liées aux infrastructures, aux réseaux et aux travaux spécialisés concentrent aujourd’hui une part plus importante des tensions de coûts, tandis que le bâtiment affiche une trajectoire plus contenue, mais non exempte de pressions ciblées.
Transport et énergie : des facteurs structurels qui pèsent durablement
Parmi les postes de charges, deux leviers apparaissent comme déterminants. Le transport, tout d’abord, enregistre un index de 113,20, soit une hausse de 13,2 % depuis la base de décembre 2024.
Le transport terrestre, en particulier, atteint 125,80, avec une augmentation de 25,8 %, illustrant le poids logistique propre à un territoire insulaire fortement dépendant des flux d’approvisionnement.
L’énergie suit une trajectoire similaire, avec un index de 105,70 et une hausse de 5,7 % sur un an, portée notamment par les carburants et les énergies fossiles. Ces deux postes, transversaux à l’ensemble des chantiers, agissent comme des amplificateurs de coûts, y compris lorsque l’activité globale semble se stabiliser.
Matériaux : un marché à plusieurs vitesses
L’analyse des matériaux de construction met en évidence des écarts particulièrement marqués. Certains produits enregistrent des hausses spectaculaires.
Les sables atteignent ainsi un index de 129,60, soit +29,6 %, tandis que les plâtres et éléments en plâtre culminent à 114,70 (+14,7 %). Ces évolutions pèsent directement sur les lots de gros œuvre, de second œuvre et sur certaines opérations de rénovation.
À l’inverse, d’autres segments reculent nettement. Les onduleurs chutent à 87,00, en baisse de 13,0 %, et les poutrelles et profilés creux s’établissent à 91,40 (-8,6 %). Ces baisses illustrent un marché des matériaux loin d’être uniforme, où les tensions ne se concentrent pas nécessairement là où on les attend.
Cette fragmentation impose une lecture fine des coûts, corps d’état par corps d’état, loin de toute approche globale ou moyenne.
Travaux publics : une dynamique plus soutenue, mais contrastée
Dans les travaux publics, plusieurs segments affichent une dynamique nettement plus marquée. Les travaux spécialisés atteignent un index de 104,30, en hausse de 4,3 % sur un an, tandis que le terrassement progresse à 108,90 (+8,9 %). Les voiries et réseaux divers s’inscrivent également à un niveau élevé, avec un index de 103,60.
À l’inverse, certains domaines marquent le pas. Les stations de pompage et de traitement affichent un index de 97,80, en recul de 2,2 % sur un an, signalant des évolutions plus hétérogènes selon la nature des ouvrages et les contraintes techniques associées.

Consulter ici l’Index locaux du Bâtiment et des Travaux Publics –Décembre 2025, publié par la CERC Guadeloupe









