GUYANE. infrastructures, eau, énergie… les priorités d’investissement du territoire à l’approche des municipales 2026

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Vue aérienne de Saint-Laurent du Maroni © JODY AMIET / AFP

À l’approche des élections municipales de 2026, les questions d’infrastructures et d’investissement local s’imposent déjà comme un sujet central pour les collectivités. À la demande de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), le réseau des Cellules économiques régionales de la construction (CERC) a ainsi publié une série de 95 fiches départementales consacrées aux travaux publics, destinées à éclairer les choix des élus et des candidats.

La fiche consacrée à la GUYANE dresse un état des lieux détaillé des infrastructures locales — mobilités, eau, énergie, aménagement ou encore résilience climatique — et met en évidence plusieurs défis structurants pour le territoire.

Des infrastructures au cœur des enjeux de mobilité

Le réseau routier constitue l’un des principaux leviers d’action des collectivités locales. En Guyane, les communes et intercommunalités gèrent 1311 km de voiries communales et intercommunales, soit une part importante du réseau de transport local. L’entretien de ces infrastructures représente un coût significatif, estimé entre 5 000 et 30 000 euros par kilomètre selon les caractéristiques des routes.

Au-delà du réseau routier, le territoire compte également plus de 80 ouvrages d’art sur les routes nationales et plus de 850 ouvrages hydrauliques, dont l’entretien et la sécurisation représentent un enjeu majeur pour les collectivités.

La transition vers des mobilités plus durables reste cependant encore limitée. Le département ne dispose actuellement que d’un point de recharge pour véhicules électriques pour 10 000 habitants, très loin de l’objectif national fixé à 60 points pour 10 000 habitants d’ici 2030.

Les mobilités douces demeurent également peu développées. La Guyane compte aujourd’hui 55 kilomètres d’aménagements cyclables, soit une progression d’environ 20 % depuis 2020, mais les modes doux ne représentent encore que 4,1 % des déplacements, loin de l’objectif national de 12,5 % à l’horizon 2030.

L’accès à l’eau et l’assainissement, un défi majeur

La question de l’eau constitue l’un des enjeux les plus structurants pour le territoire. Le réseau d’eau potable s’étend sur 1 488,57 kilomètres de canalisations, mais les pertes dans les réseaux restent importantes, avec un taux estimé à 17,2 %.

Plus préoccupant encore, près de 40 000 personnes n’ont pas accès à l’eau potable en Guyane, ce qui souligne l’ampleur des besoins en infrastructures et en équipements.

L’assainissement collectif demeure également partiellement développé. Le territoire compte plus de 500 kilomètres de réseaux d’assainissement et 24 stations d’épuration, mais seulement 45 % de la population est aujourd’hui raccordée à un système collectif.

Dans ce contexte, les collectivités devront également se préparer aux évolutions réglementaires européennes. La directive relative aux eaux urbaines résiduaires prévoit notamment un renforcement des exigences de traitement à partir de 2027, ce qui impliquera des investissements supplémentaires dans les réseaux et les installations.

Une transition énergétique encore en construction

La transition énergétique progresse progressivement sur le territoire. La Guyane affiche aujourd’hui 44 % d’électricité décarbonée dans sa production locale, dont 44 % issus d’énergies renouvelables.

Le développement du photovoltaïque constitue l’un des leviers majeurs de cette transformation. La puissance photovoltaïque installée atteint actuellement 61 MW, alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit un objectif de 200 MW d’ici 2033.

Le réseau électrique s’appuie sur plusieurs niveaux d’infrastructures : 414 kilomètres de lignes très haute tension, 1 408 kilomètres de réseau haute tension et 1 489 kilomètres de réseau basse tension.

L’aménagement du territoire constitue également un enjeu important pour accompagner la croissance démographique. La Guyane compte 24 secteurs d’Opération d’Intérêt National (OIN), représentant 5 800 hectares de surfaces à aménager.

Des infrastructures exposées à des risques climatiques élevés

La fiche souligne également l’exposition particulièrement forte du territoire aux aléas climatiques. En Guyane, 82 % de la population est exposée au risque d’inondation, tandis que 44 % des habitants sont concernés par des risques de mouvements de terrain.

Les incendies de végétation représentent également un phénomène significatif. En moyenne, 1 322 feux sont recensés chaque année, pour environ 1 545 hectares de surfaces brûlées.

À ces risques s’ajoute l’évolution progressive du climat. Les températures moyennes dans le département ont augmenté de 1,53 °C en quarante ans, entre 1984 et 2024.

Ces évolutions renforcent la nécessité d’intégrer la résilience climatique dans la conception et la modernisation des infrastructures publiques.

Le bloc communal, premier investisseur en infrastructures

Dans ce contexte, les communes et intercommunalités jouent un rôle déterminant dans la réalisation des projets d’infrastructures. En Guyane, 217 marchés publics liés aux travaux publics ont été recensés, représentant 115 millions d’euros d’investissements.

La situation financière des collectivités reste toutefois contrastée. Selon les données disponibles, 41 % des communes et intercommunalités présentent une épargne nette négative ou quasi nulle. Malgré cela, 78 % des collectivités disposent d’une capacité de désendettement inférieure à 10 ans, avec une moyenne d’environ 329 euros par habitant.

Ces éléments témoignent à la fois des contraintes financières qui pèsent sur les collectivités locales et de leur rôle central dans le financement des infrastructures.

Des besoins d’investissement importants pour accompagner le développement du territoire

Avec 292 400 habitants et une croissance démographique appelée à se poursuivre — plus de 6 000 habitants supplémentaires par an d’ici 2035 — la Guyane fait face à des besoins importants en infrastructures publiques.

Routes, réseaux d’eau, équipements énergétiques ou aménagement urbain : les investissements réalisés par les collectivités locales apparaissent déterminants pour accompagner le développement du territoire et améliorer les conditions de vie des habitants.

Dans la perspective des municipales de 2026, les données réunies par les CERC mettent ainsi en lumière les principaux enjeux auxquels devront répondre les futurs projets d’infrastructures en Guyane.


Consulter ici la fiche départementale consacrée à la GUYANE (973)


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