GUADELOUPE. Le BTP termine 2025 en repli malgré des investissements structurants

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Au quatrième trimestre 2025, le secteur du bâtiment et des travaux publics en Guadeloupe termine l’année sur une note contrastée. Dans sa publication de février 2026 consacrée aux tendances conjoncturelles, l’IEDOM dresse le constat d’une économie qui s’améliore globalement, mais dont certains secteurs, dont le BTP, restent sous tension. Le document le souligne d’emblée : « Au 4ᵉ trimestre 2025, la conjoncture économique s’améliore, mais des fragilités demeurent visibles dans plusieurs indicateurs. » Le BTP illustre précisément cette situation intermédiaire, entre ralentissement conjoncturel et maintien d’investissements structurants.

Un secteur en contraction en fin d’année

Au quatrième trimestre 2025, les chefs d’entreprise du BTP signalent « une nouvelle contraction de l’activité, bien que d’une intensité moindre que celle observée précédemment ». Le repli est mesurable et s’inscrit dans plusieurs indicateurs clés.

Les ventes de ciment reculent de 12,9 % sur trois mois (CVS), traduisant un ralentissement effectif des chantiers en cours. Le nombre de permis de construire s’établit à 424, en baisse de 24,2 % après une progression de 33,4 % au trimestre précédent. Les financements au secteur diminuent également de 2,1 % entre fin septembre et fin décembre 2025.

À ces indicateurs s’ajoute un allongement des délais de paiement, qui génère des tensions de trésorerie pour les entreprises. La pression sur les charges d’exploitation, signalée plus largement dans l’économie locale, accentue cette fragilité financière.

Un signal plus nuancé du côté des livraisons

Le tableau n’est toutefois pas univoque. Un indicateur vient tempérer le diagnostic : les attestations de conformité électrique des logements neufs progressent de 20,4 % sur le trimestre.

Cette hausse suggère une accélération des livraisons en fin d’année. Elle peut traduire l’achèvement de programmes engagés antérieurement, révélant un décalage entre la dynamique des mises en chantier — en repli — et celle des opérations arrivant à terme.

Autrement dit, le ralentissement observé porte davantage sur le renouvellement des projets que sur l’extinction brutale de l’activité.

Des opérations structurantes qui soutiennent le moyen terme

Malgré le tassement conjoncturel, plusieurs opérations d’envergure continuent de structurer le marché. L’IEDOM rappelle que « plusieurs opérations structurantes continuent de soutenir le secteur et offrent des perspectives à moyen terme ».

Parmi elles figurent l’extension du port de Jarry, la déviation Boucan/Sainte-Rose, le plan Eau ou encore la mise en service d’une nouvelle unité de production à la centrale géothermique de Bouillante.

À ces infrastructures s’ajoutent la poursuite des travaux de la cité scolaire de Baimbridge, mobilisant 7,2 millions d’euros en 2025 et 8,9 millions d’euros en 2026, ainsi que les chantiers des maisons d’arrêt de Basse-Terre (44,5 millions d’euros) et de Baie-Mahault (43,7 millions d’euros).

La construction de nouveaux hôtels et la modernisation de l’aéroport complètent ce portefeuille d’investissements.

Ces projets, majoritairement portés par la commande publique ou para-publique, constituent un amortisseur partiel face au recul des permis et au ralentissement des financements privés.

Un investissement privé en phase de normalisation

Le contexte macroéconomique confirme cette phase de transition. Après deux trimestres exceptionnellement soutenus, l’investissement privé décélère. Les importations de biens d’investissement chutent de 16,1 % au quatrième trimestre 2025 (CVS), tandis que les encours de crédits d’investissement ne progressent plus que de 0,5 % sur le trimestre, après 3,1 % précédemment.

Les professionnels interrogés anticipent d’ailleurs « un moindre effort d’investissement en 2026 ». Cette perspective ne traduit pas un effondrement, mais plutôt une normalisation après une séquence d’investissement élevée.

Une trajectoire 2026 dépendante de la commande publique

Le BTP guadeloupéen aborde donc 2026 dans une configuration intermédiaire. Les indicateurs de court terme témoignent d’un ralentissement réel : recul des volumes, baisse des permis, tension sur les financements.

Dans le même temps, la programmation d’infrastructures structurantes, énergétiques, pénitentiaires et éducatives maintient une base d’activité significative.

La trajectoire des prochains trimestres dépendra en grande partie de la capacité à transformer ces projets en chantiers effectifs, à stabiliser les délais de paiement et à préserver les marges dans un contexte de charges d’exploitation élevées.

Entre contraction conjoncturelle et soutien structurel, le secteur entre dans une phase d’ajustement plutôt que de rupture.


BTP Guadeloupe

Source : IEDOM – TENDANCES CONJONCTURELLES au 4E TRIMESTRE 2025 

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