À compter du 1er janvier 2026, l’île bascule officiellement dans le statut de Département-Région. Derrière cette évolution statutaire, ce n’est pas un simple toilettage administratif qui s’opère, mais un changement de cadre profond, destiné à mettre fin à une longue période de transition institutionnelle.
Jusqu’ici, Mayotte cumulait un statut départemental assorti d’adaptations spécifiques, souvent complexes à articuler dans l’action publique. La réforme fusionne désormais les compétences départementales et régionales au sein d’une collectivité unique, dotée d’un organe délibérant unique : l’assemblée de Mayotte.
L’objectif est clair : simplifier la gouvernance locale, renforcer la lisibilité des compétences et rapprocher l’île des modèles institutionnels déjà en place en Guyane et en Martinique.
Au-delà du symbole, le changement est aussi juridique. Les règles propres à Mayotte, longtemps dispersées entre différents textes, sont désormais regroupées dans un livre dédié du Code général des collectivités territoriales.
Cette clarification répond à une difficulté régulièrement pointée par les acteurs locaux : un droit applicable morcelé, peu lisible et parfois source de blocages opérationnels.
La réforme touche également au cadre électoral. Les conseillers départementaux deviennent des conseillers à l’assemblée de Mayotte, avec un dispositif spécifique désormais inscrit dans le code électoral.
Là encore, l’enjeu est d’adapter les règles aux réalités locales tout en sécurisant le fonctionnement démocratique de la nouvelle collectivité.
Autre évolution structurante, la fusion des instances consultatives existantes. Mayotte se dote d’un conseil économique, social, environnemental, de la culture et de l’éducation unique, chargé d’éclairer les décisions publiques dans un territoire où les enjeux sociaux, éducatifs et culturels restent étroitement imbriqués.
Enfin, le texte reconnaît explicitement la situation exceptionnelle de l’île. Jusqu’en 2030, l’ensemble des communes de Mayotte est considéré comme quartier prioritaire de la politique de la ville. Une disposition inédite à l’échelle nationale, qui traduit la volonté de traiter les fragilités mahoraises non pas à la marge, mais à l’échelle de tout le territoire.
Cette nouvelle organisation institutionnelle ouvre donc une séquence déterminante. Reste désormais à mesurer comment ce cadre rénové se traduira concrètement dans les politiques publiques, les investissements et la capacité de Mayotte à rattraper ses retards structurels.
Source : L’Info Kwezi









