Défaillances d’entreprises en OUTRE-MER : une accélération confirmée au quatrième trimestre 2025

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En 2025, 2 832 redressements et liquidations judiciaires ont été enregistrés dans les territoires ultramarins. La hausse atteint 12,2 % sur un an, alors que la progression se limite à 3,5 % pour la France entière. Publiées en février 2026 par l’IEDOM et l’IEOM au titre du quatrième trimestre 2025, ces données confirment une quatrième année consécutive d’augmentation des défaillances en Outre-mer.

Une dynamique plus rapide qu’en métropole

L’écart de rythme avec l’Hexagone est net. Tandis que la France entière totalise 68 564 défaillances sur l’année 2025, la progression y demeure contenue. À l’inverse, les économies ultramarines connaissent une accélération marquée. La tendance observée depuis 2022 se poursuit et 2025 constitue désormais le point haut de la séquence récente.

Cette évolution traduit un environnement économique plus fragile. La sortie progressive des dispositifs de soutien mis en place après la crise sanitaire, combinée aux tensions sur les coûts et à un ralentissement de certains marchés, pèse davantage sur des tissus économiques composés majoritairement de petites structures.

Des écarts territoriaux très contrastés

Derrière cette moyenne régionale se cachent des situations très différentes selon les territoires.

En Guadeloupe, le nombre de défaillances approche désormais les cinq cents unités sur un an. La progression dépasse 44 % et le volume a doublé en 3 ans. Les activités techniques, les services administratifs, la construction et le commerce figurent parmi les principaux contributeurs à cette hausse.

En Martinique, le seuil des 500 défaillances est franchi pour la première fois depuis 2013. La progression annuelle atteint plus de quinze pour cent, portée notamment par l’hébergement-restauration et la construction.

La Guyane enregistre la plus forte variation relative. Le nombre de défaillances y triple pratiquement en un an pour atteindre 168 entreprises. L’arrivée à échéance des remboursements d’aides accordées durant la crise sanitaire explique en partie cette brusque accélération.

À l’inverse, La Réunion affiche un léger recul sur un an. Avec 1 107 défaillances, le territoire reste le plus concerné en volume, mais la dynamique s’infléchit après un pic historique observé en 2024. Mayotte connaît également une forte diminution, le nombre de procédures étant ramené à vingt entreprises sur l’année.

En Nouvelle-Calédonie, le volume s’établit à 385 défaillances, en progression modérée sur un an, tandis qu’en Polynésie française la tendance est orientée à la baisse depuis trois ans. Le territoire enregistre 136 défaillances en 2025, soit une diminution marquée par rapport à l’année précédente.

Les services en première ligne, la construction sous surveillance

L’analyse sectorielle révèle une hausse généralisée, à l’exception de l’information et de la communication qui demeure stable. Les transports et l’entreposage figurent parmi les secteurs les plus touchés, tout comme l’hébergement-restauration et les conseils et services aux entreprises. Ces activités, fortement dépendantes de la conjoncture locale et du niveau d’activité économique, concentrent une part importante des tensions.

La construction mérite une attention particulière pour les acteurs du BTP. Le secteur totalise 675 défaillances en 2025 et enregistre une progression de 7,3 % sur un an. Cette évolution contraste avec la situation hexagonale, où la construction recule légèrement. En Guadeloupe et en Martinique, le bâtiment contribue fortement à la hausse globale. À La Réunion, en revanche, le secteur participe au léger repli observé après un niveau historiquement élevé l’année précédente.

Pour les entreprises du BTP, ces données constituent un signal. Les tensions sur les trésoreries, les retards de paiement et la dépendance à la commande publique peuvent fragiliser l’ensemble de la chaîne, des maîtres d’œuvre aux sous-traitants. Même si la progression reste contenue comparée à d’autres secteurs, la dynamique demeure orientée à la hausse à l’échelle régionale.

Une hausse qui s’inscrit dans la durée

Au-delà des variations annuelles, le constat principal tient à la continuité de la tendance. Les défaillances progressent en Outre-mer depuis quatre ans. L’année 2025 marque un nouveau palier. Si certaines économies territoriales parviennent à stabiliser la situation, l’ensemble régional évolue à un rythme supérieur à celui de la France entière.

Pour 2026, l’enjeu sera de savoir si cette accélération constitue un point haut conjoncturel ou le signe d’une fragilisation plus structurelle des économies ultramarines. Dans ce contexte, la solidité financière des entreprises et la vigilance des acteurs économiques demeurent déterminantes.

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