Déchets du BTP : où en est la valorisation à LA REUNION ?

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Image d'illustration générée par IA

L’édition 2025 du rapport annuel de l’Observatoire Réunionnais des Déchets apporte un éclairage actualisé sur la gestion des déchets du bâtiment et des travaux publics à La Réunion. Les données 2023 disponibles mettent en évidence une filière désormais bien structurée, caractérisée par des volumes élevés, une forte captation et des niveaux de valorisation significatifs à l’échelle du territoire.

Un gisement massif au cœur des enjeux territoriaux

Le gisement de déchets du BTP constitue de loin le flux professionnel le plus important observé sur l’île. Pour l’année de référence 2021, il est estimé à 2,34 millions de tonnes, intégrant l’ensemble des déchets issus des activités de construction, de rénovation et de démolition. Ces volumes placent le secteur du BTP au centre des enjeux de planification, tant en matière d’infrastructures de traitement que de débouchés de valorisation.

La dynamique observée au cours des dernières années traduit une évolution structurelle. Alors qu’en 2017, environ 1/4 des déchets du BTP était orienté vers des installations de traitement, la part captée a fortement progressé. En 2021, plus de 70 % du gisement identifié a été accueilli dans des installations dédiées. Cette montée en charge reflète la structuration progressive des filières locales, portée notamment par les travaux d’observation et de suivi menés par la CER BTP.

Une valorisation élevée, mais dépendante de débouchés spécifiques

La valorisation constitue l’un des principaux marqueurs de cette organisation. Le rapport met en évidence que près de 99 % des déchets du BTP produits à La Réunion sont aujourd’hui soit recyclés, soit utilisés en remblais de carrière, soit stockés temporairement en attente de valorisation. Ce taux exceptionnel, au regard d’autres flux de déchets, souligne l’adaptation des pratiques aux contraintes insulaires et la capacité du territoire à limiter l’enfouissement pour ce type de déchets.

Cette performance repose toutefois sur un équilibre spécifique. Les usages en remblais et en carrières jouent un rôle central dans l’absorption des volumes, tout comme la disponibilité d’installations capables de traiter des flux inertes et non dangereux à grande échelle. Dans un contexte marqué par la pression foncière et l’évolution des besoins en matériaux, la soutenabilité de ces débouchés constitue un point de vigilance à moyen terme.

Le rapport souligne ainsi que si la filière BTP apparaît aujourd’hui comme l’une des plus avancées en matière de gestion et de valorisation des déchets à La Réunion, cette situation reste étroitement liée aux conditions locales de traitement. La capacité à maintenir ces niveaux de valorisation dépendra de la continuité des infrastructures, de l’anticipation des évolutions de gisements et de la consolidation des filières existantes.


Consulter ici le RAPPORT ANNUEL, édition 2025 de l’ORD

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