Salon des Bâtisseurs 2026
Le maire du Lamentin était présent les 27 et 28 mars 2026 à l’inauguration du Salon des Bâtisseurs. Dans un discours chaleureux et direct, David Zobda a salué la vitalité d’un secteur dont il connaît le poids, et a rappelé les attentes légitimes des professionnels du BTP à l’égard de la sphère publique.
Il est arrivé avec le sourire, et le mot juste. David Zobda, maire du Lamentin, a pris la parole lors du Salon des Bâtisseurs pour saluer les professionnels du BTP réunis sur sa commune.
« J’ai le simple plaisir de vous accueillir ici au Lamentin, de vous souhaiter la bienvenue, de vous dire combien j’ai plaisir à retrouver tout le personnel, les agents, les directeurs, les patrons, les chefs… et tous ceux qui de près ou de loin font vivre une filière essentielle à notre pays »,
a-t-il déclaré, dans une tonalité à la fois conviviale et sincère.

Pour l’élu, la tenue même de ce salon est un signal fort : « Vous faites preuve d’unité, vous faites preuve d’image solidaire, vous faites preuve d’un secteur économique dynamique et qui a envie que l’on sache qu’il est dynamique et qu’il a envie d’exister. » Une reconnaissance qui a visiblement touché une profession souvent peu mise en lumière, malgré le rôle structurant qu’elle joue dans l’économie martiniquaise.
« Quand le bâtiment va, tout va. Donc il est essentiel que le bâtiment aille, que les travaux publics avancent. » — David Zobda, maire du Lamentin
Trois leviers, une seule responsabilité
Sans langue de bois, David Zobda a ensuite identifié les trois domaines sur lesquels les collectivités ont un rôle décisif à jouer.
Le premier, et sans doute le plus structurant, est celui de la commande publique. « Si on ne trouve pas l’ingénierie financière qui convient, si on ne trouve pas les moyens de débloquer les projets et de vous permettre de travailler, je pense qu’on sera à côté de la plaque », a-t-il dit, appelant à une plus grande volonté de programmer et de financer les chantiers nécessaires, en matière de logement, d’eau potable, d’infrastructures.
Le deuxième levier, c’est la formation. La question de la relève dans le BTP est posée avec acuité : la moyenne d’âge des chefs d’entreprise du secteur est, selon le maire, « suffisamment préoccupante pour que l’on soit capable de se soucier de la relève ». Les structures de formation étant pour l’essentiel publiques, la responsabilité des élus est engagée : « Quel type de formation adaptée doit-on produire pour permettre à nos jeunes Martiniquais de travailler ici en fonction de leur niveau de compétence ? »
Une question qui appelle des réponses concrètes, en lien avec les besoins réels des entreprises.
Le troisième point abordé est celui des délais de paiement. Le maire n’a pas esquivé le sujet, tout en le traitant avec mesure : les entreprises du BTP travaillent souvent à crédit, attendant parfois six mois, huit mois, voire un an avant d’être réglées par les donneurs d’ordre publics. « Notre responsabilité est majeure », a reconnu Zobda, appelant l’ensemble des élus à s’emparer sérieusement de cette question.
« Il faut que nos collègues élus comprennent qu’il faut respecter les délais de paiement. »
David Zobda
L’exemple du Lamentin
Pour illustrer que des marges de progression existent, David Zobda a évoqué la pratique de sa propre commune. « La ville du Lamentin paie à 23 jours », a-t-il indiqué, conscient que toutes les collectivités ne disposent pas des mêmes capacités financières, mais convaincu que la volonté politique peut faire la différence.
« Ce que fait le Lamentin n’est pas forcément ce que peut faire tout le monde. Mais néanmoins, on connaît le poids de la commande publique dans l’effort économique de ce pays. »
Le message final de David Zobda était un appel à la mobilisation et à la confiance.
« Je compte sur vous pour faire pression sur les élus que nous sommes, pour que cette pression-là soit positive et qu’on sorte des chantiers dans ce pays. »
Une invitation à un dialogue productif entre la filière BTP et les institutions, dans l’intérêt commun du développement de la Martinique.
Philippe PIED










