Conjoncture de la filière construction début 2026 : amélioration relative, vigilance de mise

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Conjoncture construction

Les derniers indicateurs publiés par le Réseau des CERC, arrêtés au 15 janvier 2026, dressent le portrait d’une filière Construction en léger mouvement, mais encore loin d’un véritable redémarrage. Autorisations et mises en chantier progressent nettement sur les derniers mois, tandis que l’entretien-rénovation, les travaux publics et l’emploi continuent d’évoluer à des niveaux contraints. Les chiffres confirment une amélioration relative, sans changement structurel.

Des hausses marquées… sur des volumes toujours faibles

Sur les trois mois cumulés à fin novembre 2025, les autorisations de logements progressent de 21,3 %, tandis que les mises en chantier augmentent de 20,2 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ces évolutions traduisent un regain d’activité après plusieurs trimestres de repli.

Mais cette dynamique reste à relativiser. En cumul sur douze mois, moins de 280 000 logements ont été commencés, un niveau historiquement bas au regard des standards de la filière. Le document le souligne explicitement : « Les mises en chantier se dynamisent ces 3 derniers mois […] Le volume demeure toutefois faible. »

Logement : un redémarrage technique plus qu’un retournement de cycle

À fin novembre 2025, le cumul annuel des mises en chantier atteint 274 400 logements, en hausse de 5,8 % sur un an, mais toujours très en deçà des niveaux observés avant la crise.

Dans le détail, l’individuel pur reste stable avec 66 200 logements, tandis que l’individuel groupé progresse de 10,3 % pour atteindre 33 900 logements. Le logement collectif, avec 174 400 logements commencés, affiche une hausse plus modérée de 7,2 %.

Ces évolutions montrent une reprise partielle, davantage portée par certains segments que par une dynamique globale du marché résidentiel.

Promotion immobilière : des pourcentages élevés, une activité encore contrainte

Au troisième trimestre 2025, les mises en vente de logements augmentent de 41,9 %, mais cette progression s’explique largement par un effet de base, après un troisième trimestre 2024 particulièrement bas.

Les réservations reculent de 9,5 %, pour un volume limité à 14 400 logements réservés sur le trimestre, contre 16 600 mises en vente. Les annulations diminuent de 20,8 %, traduisant un marché encore hésitant.

Le Réseau des CERC résume cette situation sans détour : « Les réservations et mises en vente aux particuliers affichent des niveaux faibles au T3 2025. » Seules les ventes en bloc aux investisseurs institutionnels progressent, avec une hausse de 16,3 %, sans toutefois suffire à redynamiser l’ensemble du marché.

Entretien-rénovation : un recul confirmé trimestre après trimestre

L’activité d’entretien-rénovation enregistre au troisième trimestre 2025 un recul de 1,3 % en volume, marquant le quatrième trimestre consécutif de baisse.

Ce recul s’inscrit dans un contexte de forte prudence de la demande. Malgré les dispositifs en faveur de la rénovation, l’activité reste contrainte par le coût du crédit et l’incertitude économique. Les écarts régionaux observés confirment une dynamique encore très inégale.

Dans le détail, les travaux sur les logements reculent de 1,5 %, contre –0,6 % pour les locaux non résidentiels. Les carnets de commandes s’établissent en moyenne à 13,6 semaines, un niveau stable mais sans dynamique de reconstitution.

Cette tendance interroge, alors même que la rénovation est présentée comme un levier central de l’activité future du secteur.

Travaux publics : une activité contenue, des commandes en net repli

Dans les travaux publics, l’activité facturée recule de 1 % sur les trois derniers mois et de 0,5 % sur un an, traduisant une quasi-stagnation. La situation est plus préoccupante du côté des commandes.

Les marchés conclus chutent de 19,5 % sur trois mois et de 13,7 % sur douze mois à fin novembre 2025. Le document relie explicitement cette évolution à la fin de cycle municipal, soulignant que les prises de commandes restent fortement pénalisées dans ce contexte.

Emploi et entreprises : une filière toujours sous pression

À la fin du troisième trimestre 2025, l’emploi salarié dans la Construction passe sous le seuil de 1,6 million de postes, avec une perte de plus de 20 000 emplois sur un an, soit –1,3 %. L’emploi intérimaire recule également, de 4,5 % sur une moyenne annuelle, confirmant un ajustement durable des effectifs.

Côté entreprises, les créations progressent encore sur trois mois, mais le mois de novembre enregistre un repli de 6,9 %. Les défaillances concernent environ 3 000 entreprises au troisième trimestre et se stabilisent à un niveau élevé, illustrant la fragilité persistante du tissu économique.


Conjoncture construction

Consulter ici la CONJONCTURE NATIONALE & INTERRÉGIONALE DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION – N° 137 – 15 janvier 2026

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