Collectivités : la FNTP pousse les élus à prioriser les infrastructures

0

Routes, réseaux d’eau, éclairage public, infrastructures énergétiques ou numériques : derrière ces équipements souvent considérés comme acquis se cache en réalité un patrimoine essentiel au fonctionnement des territoires.

Dans un mémento publié en mars 2026 à destination des communes et intercommunalités, la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) invite les élus locaux à faire des infrastructures un axe majeur de leur action dès le début du mandat.

L’organisation rappelle que l’entretien et la modernisation de ces équipements constituent un levier immédiat pour améliorer le quotidien des habitants et préparer l’avenir des territoires.

L’entretien du patrimoine, première urgence pour les collectivités

Pour la FNTP, la priorité absolue reste l’entretien des infrastructures existantes. Routes, ponts, réseaux d’eau ou ouvrages d’assainissement représentent un patrimoine considérable dont la dégradation progressive peut entraîner des coûts très importants pour les collectivités.

La fédération souligne ainsi l’importance de privilégier une gestion patrimoniale sur le long terme, reposant sur l’entretien préventif plutôt que sur des interventions tardives.

Les données du Cerema citées dans le mémento illustrent cet enjeu : dans le domaine routier, 1 euro non investi aujourd’hui peut représenter entre 6 et 8 euros de dépenses sur une période de 30 ans.

Au-delà de la maîtrise des coûts, cette politique d’entretien contribue également à garantir la sécurité des usagers et la continuité des services publics.

Des infrastructures au cœur des transitions territoriales

Si la maintenance du patrimoine existant constitue un enjeu majeur, les infrastructures jouent également un rôle stratégique dans les transformations que connaissent les territoires.

Dans le domaine énergétique, les collectivités sont encouragées à développer des infrastructures permettant de produire ou de distribuer des énergies locales, qu’il s’agisse d’installations solaires, d’éolien, de réseaux de chaleur ou de dispositifs d’autoconsommation.

Ces investissements contribuent à sécuriser l’approvisionnement énergétique tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.

Les infrastructures peuvent également accompagner l’adaptation des territoires au changement climatique. Le mémento évoque par exemple le renforcement des digues face à la montée des eaux, l’utilisation de revêtements urbains capables de limiter les effets des fortes chaleurs ou encore le développement d’infrastructures de gestion des eaux pluviales.

Dans le même temps, la modernisation des équipements publics, notamment l’éclairage urbain ou les réseaux numériques, participe à l’attractivité économique des territoires et à l’amélioration des services proposés aux habitants.

La commande publique, un moteur pour l’économie locale

Les projets d’infrastructures représentent aussi un levier important pour l’activité économique locale. Les marchés publics permettent en effet de mobiliser les entreprises du secteur des travaux publics et de soutenir l’emploi dans les territoires.

Depuis le 1er janvier 2026, le seuil de dispense de publicité et de mise en concurrence préalables pour les marchés de travaux est fixé à 100 000 euros HT. Cette évolution vise notamment à simplifier les procédures pour les collectivités et à faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises aux marchés publics.

La FNTP insiste toutefois sur la nécessité de préserver la trésorerie des entreprises intervenant sur les chantiers publics, en veillant notamment au respect des délais de paiement.

Financer et programmer les projets d’infrastructures

La réalisation d’un projet d’infrastructure repose généralement sur un montage financier combinant plusieurs ressources. Les collectivités peuvent mobiliser leurs ressources propres, mais aussi s’appuyer sur différents dispositifs de soutien.

Parmi les principaux outils figurent les dotations de l’État, comme la Dotation d’équipement des territoires ruraux(DETR) ou la Dotation de soutien à l’investissement local(DSIL), ainsi que le Fonds Vert destiné aux projets liés à la transition écologique. Les financements européens, notamment via le FEDER ou le FEADER, peuvent également contribuer à certains projets.

L’emprunt constitue enfin un outil classique pour répartir dans le temps le financement d’investissements structurants, en complément des subventions et des ressources propres.

Des projets qui doivent être compris et acceptés localement

La réussite d’un projet d’infrastructure ne dépend pas uniquement de ses caractéristiques techniques. Elle repose aussi sur la manière dont les travaux sont perçus par les habitants et les acteurs locaux.

Le mémento souligne ainsi l’importance d’une communication claire tout au long du projet. Avant le lancement des travaux, les collectivités sont invitées à expliquer les objectifs du projet, les bénéfices attendus et les perturbations éventuelles.

Pendant le chantier, la gestion des nuisances, l’information des riverains et le maintien des accès aux commerces ou aux habitations constituent des éléments essentiels.

Une fois les travaux achevés, la mise en valeur des résultats et le suivi des infrastructures permettent de renforcer l’acceptabilité des projets et de rendre visible l’action publique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici