Le SDES du ministère de la Transition écologique a publié en mars 2026 son Bilan énergétique de la France pour l’année 2024. Le rapport met en évidence un rebond marqué de la production d’énergie, porté notamment par la reprise du nucléaire et par la progression des énergies renouvelables. Dans le même temps, la consommation d’énergie se stabilise et les prix reculent globalement… sauf pour les ménages. Une évolution qui rappelle le poids encore important de l’énergie dans le budget des logements et, par extension, les enjeux qui pèsent sur le secteur du bâtiment.
—
Une production d’énergie en forte progression en France
En 2024, la production d’énergie primaire française atteint 1 572 TWh, soit une hausse de 10,2 % par rapport à 2023. Cette progression s’explique principalement par le redressement de la production nucléaire, qui augmente de 12,5 % sur un an pour atteindre 1 153 TWh. Après plusieurs années marquées par des arrêts prolongés de réacteurs pour inspection et réparation, le parc nucléaire retrouve progressivement un niveau de production plus élevé.
Les énergies renouvelables contribuent également à cette dynamique. La production d’électricité renouvelable progresse de 10,4 %, notamment grâce à des conditions météorologiques favorables à l’hydroélectricité et à la montée en puissance des capacités éoliennes et photovoltaïques. Les énergies renouvelables thermiques et la valorisation des déchets enregistrent également une légère progression, tirées notamment par le développement des pompes à chaleur et du biogaz.
Cette hausse de la production permet d’améliorer l’approvisionnement énergétique du pays. Le taux d’indépendance énergétique de la France atteint ainsi 61 % en 2024, soit 4,6 points de plus qu’en 2023.
Une consommation énergétique qui se stabilise
Du côté de la demande, la consommation d’énergie évolue peu. La consommation primaire s’établit à 2 577 TWh, en hausse modérée de 1,8 % sur un an. Cette augmentation est en partie liée au rebond de la production nucléaire, qui entraîne mécaniquement davantage de pertes thermiques dans les centrales.
La consommation finale à usage énergétique, indicateur plus directement lié aux usages des ménages et des entreprises, reste quant à elle quasi stable à 1 499 TWh. Corrigée des effets climatiques, elle progresse légèrement de 0,4 %.
La répartition par secteurs confirme des tendances déjà observées ces dernières années. Les transports demeurent le premier poste de consommation d’énergie, avec environ 34 % du total, devant le secteur résidentiel (28 %), l’industrie (19 %) et le tertiaire (15 %). L’agriculture et la pêche représentent environ 4 % de la consommation finale.
Le logement, deuxième poste de consommation énergétique
Avec près d’un tiers de la consommation énergétique nationale, le secteur résidentiel occupe une place centrale dans le bilan énergétique français. Les besoins liés au chauffage, à la production d’eau chaude sanitaire et aux équipements domestiques expliquent ce poids important.
En 2024, la consommation d’énergie dans les logements progresse légèrement. Corrigée des variations climatiques, elle augmente d’environ 1 %, alors que celle du secteur tertiaire progresse davantage (+2 %) et que la consommation industrielle recule de 1,3 %. Les transports, quant à eux, se stabilisent.
Ces évolutions confirment que le parc résidentiel reste un levier majeur des politiques de maîtrise de l’énergie, en particulier dans le cadre des stratégies de rénovation énergétique.
Une facture énergétique encore lourde pour les ménages
Si la consommation d’énergie se stabilise, la dépense des ménages reste élevée. Selon le bilan énergétique, les consommateurs finaux ont dépensé au total 219 milliards d’euros pour l’énergie en 2024, soit 6 % de moins qu’en 2023, mais toujours à un niveau élevé.
La facture énergétique moyenne des ménages atteint 3 744 euros par an. Dans le détail, environ 2 071 euros concernent les dépenses d’énergie du logement, tandis que 1 673 euros correspondent aux carburants.
L’évolution globale masque cependant deux tendances opposées. Les dépenses liées aux carburants diminuent de 7,2 %, sous l’effet de la baisse des prix à la pompe. En revanche, les dépenses énergétiques liées au logement augmentent fortement, de 9,2 %, en raison de la hausse des prix de l’électricité et du gaz.
Des prix en baisse… sauf dans le résidentiel
L’année 2024 marque un reflux des prix de l’énergie sur les marchés. En moyenne, les prix payés par les consommateurs finaux diminuent de 3,8 % sur un an. Toutefois, cette baisse ne concerne pas tous les secteurs.
Les prix reculent respectivement de -21% et -15% dans l’industrie et le tertiaire, tandis qu’ils diminuent plus modérément dans les transports (-4,6 %) et l’agriculture (-9 %). Le secteur résidentiel constitue la principale exception, avec une hausse des prix de 12,6 % sur un an.
Cette évolution s’explique notamment par la fin progressive des dispositifs de protection tarifaire mis en place pendant la crise énergétique, ainsi que par la hausse des taxes sur certaines énergies.
Un enjeu central pour la rénovation énergétique du parc immobilier
Au-delà des chiffres, le bilan énergétique 2024 souligne le rôle déterminant du logement dans la transition énergétique. Le secteur résidentiel reste l’un des principaux postes de consommation d’énergie et un facteur majeur de dépense pour les ménages.
Dans ce contexte, l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments apparaît plus que jamais comme un levier stratégique.
Isolation, modernisation des systèmes de chauffage, développement des pompes à chaleur ou encore production d’énergie renouvelable dans les bâtiments constituent autant de pistes pour réduire durablement la consommation et les coûts énergétiques.









