Aqua’PRINT : une nouvelle approche de l’empreinte eau

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Aqua’PRINT

Dans la construction, l’eau reste un indicateur encore trop peu visible, alors que le secteur représente près de 20 % de la consommation mondiale d’eau douce. Les sécheresses, les tensions sur les réseaux et les restrictions rappellent pourtant son importance, en particulier dans les territoires ultramarins où chaque litre compte. Mesurer cette empreinte hydrique reste difficile : les données sont partielles, les méthodes limitées, et les arbitrages techniques manquent d’outils fiables. Impossible de piloter la sobriété si l’on ne sait pas quantifier l’impact de ses choix. C’est précisément dans ce vide qu’émerge Aqua’PRINT.

Pourquoi l’empreinte eau s’impose dans la construction

Le contexte rend désormais indispensable une approche hydrique plus structurée. Les épisodes de canicule, les tensions récurrentes sur les réseaux et la montée du coût de production de l’eau imposent d’aller au-delà de la seule gestion en exploitation.

Le Plan Eau fixe d’ailleurs un objectif national clair : réduire de 10 % les prélèvements d’ici 2030. Pour y parvenir, l’ensemble de la filière doit évoluer, depuis la conception jusqu’à la rénovation.

Cette nécessité est particulièrement sensible dans les Outre-mer, où la disponibilité de la ressource est limitée, les réseaux fragilisés, et les pics de consommation plus marqués.

Mesurer l’empreinte eau, ce n’est pas seulement observer une consommation annuelle. C’est suivre, comprendre et analyser une chaîne complète : extraction des matériaux, opérations de chantier, usages quotidiens, maintenance, puis fin de vie.

Cet ensemble de flux directs et indirects forme un cycle de vie complexe que peu d’outils savent aujourd’hui appréhender avec précision. C’est dans ce contexte d’urgence méthodologique qu’émerge Aqua’PRINT.

Aqua’PRINT : une innovation pour transformer la conception hydrique des projets

Sélectionné par l’ADEME dans l’appel à projets Innov Eau, Aqua’PRINT ambitionne de combler un vide majeur : l’absence d’un outil fiable, unifié et opérationnel pour évaluer l’empreinte eau des bâtiments dès la première esquisse.

Porté par AIA Environnement et le CSTB, avec l’appui technique et méthodologique de l’Alliance HQE-GBC, le projet repose sur une idée simple : donner aux professionnels une vision claire, chiffrée et exploitable de l’impact hydrique de leurs choix.

Aqua’PRINT fournit une estimation complète des prélèvements, consommations et rejets, intégrée dans une Analyse du Cycle de Vie Eau.

Cette approche permet de comparer finement les matériaux, les solutions techniques, les modes constructifs ou encore les systèmes de réutilisation.

L’outil deviendra également un espace d’expérimentation, capable de tester des solutions innovantes — stockage local, recyclage, récupération des eaux pluviales, traitement à la source — et d’en mesurer les effets sur l’empreinte globale.

Le projet suit un calendrier précis :

  • Mai 2026 : prototype de l’outil
  • Septembre 2026 : test HQE Performance Eau
  • Début 2027 : finalisation des méthodes de calcul
  • Fin 2027 : mise à disposition de la solution complète (version socle + version avancée)

Plus qu’un outil, Aqua’PRINT introduit une nouvelle manière de concevoir la sobriété hydrique.

Outre-mer : un terrain d’application prioritaire ?

La pression sur la ressource y est plus forte, les réseaux souvent fragiles, et les marges de manœuvre plus réduites.

Aqua’PRINT pourrait devenir un outil clé pour les maîtres d’ouvrage ultramarins confrontés à des défis structurels : gestion de la pression sur les réseaux, équilibre entre développement et sobriété, adaptation climatique, anticipation des restrictions.

Les possibilités de tester des solutions low tech — stockage, réutilisation ou récupération — offrent des pistes pertinentes pour des territoires insulaires où les cycles de l’eau sont plus sensibles.


Aqua’PRINT

Source : Communiqué de presse – CSTB

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