L’industrie des matériaux de construction aborde l’année 2026 dans un climat encore incertain. Si la baisse observée ces dernières années semble progressivement ralentir, les volumes de production restent globalement en retrait et plusieurs segments de la filière continuent d’évoluer en dessous de leurs niveaux d’avant-crise. Dans sa lettre mensuelle publiée en mars 2026, l’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) souligne que « les premières données provisoires pour ce tout début d’année font état d’une conjoncture plutôt morose ».
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Granulats : une activité qui se stabilise sans véritable rebond
Premier matériau utilisé dans la construction, les granulats offrent un indicateur particulièrement révélateur de l’évolution des chantiers. En janvier 2026, l’activité se stabilise avec une progression de 0,1 % par rapport au mois précédent.
Sur un an, la production reste toutefois en recul de 0,6 %, confirmant une dynamique encore fragile.
Sur les trois derniers mois, la production affiche une progression de 2,7 % par rapport au trimestre précédent, mais demeure en retrait de 1,7 % sur un an. Sur douze mois glissants, l’activité accuse encore une baisse de 1 %.
Ces chiffres illustrent un secteur qui semble ralentir sa contraction sans pour autant retrouver une véritable dynamique de croissance.
Béton prêt à l’emploi : un début d’année en recul
Le béton prêt à l’emploi (BPE), étroitement lié à l’activité des chantiers, présente une évolution plus dégradée. Après trois mois de progression, la production recule de 2,9 % entre décembre et janvier. Elle se situe désormais environ 1 % en dessous de son niveau de janvier 2025.
Sur les trois derniers mois, les livraisons progressent légèrement de 0,6 % par rapport au trimestre précédent mais reculent de 1,1 % sur un an. En cumul sur douze mois, l’activité du BPE affiche une baisse de 2,8 %.
Selon la publication, certains facteurs conjoncturels pourraient avoir pesé sur les chantiers, l’UNICEM évoquant notamment « un impact négatif des intempéries sur la poursuite des chantiers ».
L’indicateur global des matériaux reste orienté à la baisse
Au-delà des évolutions des granulats et du BPE, l’indicateur global des matériaux de construction confirme la fragilité de la filière. Cet indicateur, qui agrège plusieurs familles de produits – granulats, ciment, béton, tuiles et briques, pierre de construction ou encore mortiers – affiche encore un recul de 1 % en volume sur l’année 2025.
Cette baisse intervient après une contraction particulièrement marquée de 6,6 % en 2024. Malgré quelques signes d’amélioration ponctuelle, l’activité globale reste encore nettement inférieure aux niveaux observés avant la crise récente.
Certains matériaux demeurent particulièrement affectés : les tuiles et briques restent par exemple environ 26 % en dessous de leur niveau de 2021, tandis que les produits en béton accusent encore un retard d’environ 22 %.
Des dynamiques différentes selon les familles de matériaux
L’analyse détaillée de la production révèle des trajectoires contrastées selon les familles de matériaux. Le BPE et le ciment figurent parmi les segments les plus affectés par le ralentissement de la construction. À l’inverse, certains matériaux montrent des signes de reprise plus visibles après plusieurs années de recul.
Les tuiles et briques enregistrent ainsi un rebond notable sur l’année 2025, avec une progression de 6,8 % en cumul annuel après une chute particulièrement marquée l’année précédente.
Les produits en béton progressent également légèrement sur l’année (+0,9 %), tandis que les mortiers affichent une évolution plus modérée.
Ces évolutions traduisent un marché encore en phase d’ajustement, dans lequel certaines filières industrielles commencent à se stabiliser tandis que d’autres continuent de subir les effets du ralentissement du secteur de la construction.
Une industrie encore loin de ses niveaux d’avant-crise
Malgré la modération progressive de la baisse, l’industrie des matériaux de construction reste encore éloignée de ses niveaux d’activité d’avant-crise.
Plusieurs familles de produits affichent toujours des volumes nettement inférieurs à ceux observés au début des années 2020, reflétant la contraction de la construction neuve et la prudence persistante des investisseurs immobiliers.
Dans ce contexte, l’évolution de la production de matériaux dépendra largement de la dynamique des chantiers dans les mois à venir.
La reprise de la construction, qu’elle concerne le logement, les infrastructures ou les équipements publics, demeure en effet le principal moteur de la demande pour l’ensemble de la filière des matériaux.

Consulter ici la « Lettre mensuelle de conjoncture – Mars 2026 » publiée par l’UNICEM









