La Martinique concentre, sur un espace restreint, une combinaison rare de contraintes naturelles et environnementales. Séismes, risque volcanique, cyclones tropicaux, érosion du littoral, glissements de terrain ou échouages massifs de sargasses façonnent durablement les choix d’aménagement. À ces aléas s’ajoutent des pressions structurelles sur les sols, le sous-sol et la ressource en eau, aujourd’hui accentuées par le changement climatique.
Dans ce contexte, la connaissance fine du territoire devient un enjeu stratégique. Le sous-sol martiniquais conditionne à la fois la prévention des risques, la sécurité de l’approvisionnement en eau potable, la gestion des pollutions historiques — notamment liées à la chlordécone — et les perspectives de transition énergétique. La ressource en eau, globalement abondante mais inégalement répartie, illustre cette fragilité : près de 90 % de l’eau potable provient de prises d’eau en rivière, concentrées sur quelques bassins versants, exposés aux variations climatiques et aux épisodes extrêmes.
Face à cette accumulation de vulnérabilités, l’expertise scientifique ne relève pas d’un appui ponctuel, mais d’un travail de fond inscrit dans la durée.
C’est dans cette logique que s’inscrit l’action du BRGM en Martinique, présent depuis près de 60 ans.
Géologie, hydrogéologie, risques naturels, pollutions des sols, potentiel géothermique : les sciences du sous-sol constituent un socle opérationnel pour anticiper, modéliser et réduire les risques plutôt que les subir.
L’inauguration récente de nouveaux locaux, conçus pour répondre aux contraintes sismiques du territoire, matérialise cet ancrage durable. Plus qu’un investissement immobilier, elle traduit une réalité territoriale : en Martinique, la résilience passe d’abord par la compréhension du sol et du sous-sol, et par une expertise capable d’accompagner les décisions publiques sur le long terme.









