Selon les données définitives du Bilan énergétique de la France 2024, l’exercice 2024 signe un net changement de dynamique. La production d’énergie primaire progresse fortement (+10,2 %) pour atteindre 1 572 TWh, portée par le redressement du parc nucléaire et des conditions hydrologiques favorables.
Dans le même temps, la consommation finale se stabilise à 1 499 TWh, interrompant la baisse continue observée depuis 2021 .
Ce découplage entre production et consommation améliore sensiblement l’équilibre énergétique du pays. Le taux d’indépendance énergétique grimpe à 61 %, son niveau le plus élevé depuis 1970, tandis que le déficit des échanges physiques d’énergie recule de 10 % sur un an. La France renoue également avec un rôle exportateur d’électricité : les exportations nettes atteignent 90 TWh en 2024, un record depuis 2011 .
Derrière ces indicateurs globaux favorables, les usages racontent une histoire plus contrastée. La consommation d’énergie poursuit sa baisse dans l’industrie, confirmant une tendance structurelle amorcée depuis une décennie.
À l’inverse, le résidentiel et le tertiaire repartent à la hausse (+1,0 % et +2,0 %), malgré un contexte de sobriété affichée. Le SDES souligne d’ailleurs que « la consommation finale à usage énergétique se stabilise en 2024, interrompant la dynamique de baisse régulière observée depuis 2021 » .
Dans les transports, la rupture est plus nette encore. La baisse de la consommation marque le pas, sous l’effet d’une moindre réduction du gazole et d’une forte progression de l’essence (+8,2 % en un an). L’électrification avance rapidement mais reste marginale : l’électricité représente encore moins de 1 % de l’énergie consommée dans le secteur, malgré une consommation multipliée par près de dix depuis 2019 .
Sur le front des prix, la détente est réelle mais inégalement ressentie. Les marchés de gros enregistrent une forte baisse, notamment pour l’électricité (-41 %) et le gaz (-13 %).
Cette accalmie bénéficie largement à l’industrie et au tertiaire, dont les prix reculent respectivement de 21 % et 15 %. En revanche, le résidentiel fait figure d’exception : avec la fin progressive du bouclier tarifaire, les prix de l’énergie y progressent d’environ 13 % en un an .
Conséquence directe, la facture énergétique moyenne des ménages atteint 3 744 € en 2024, en hausse de 3 % par rapport à 2023, tirée par le coût du logement. L’énergie représente désormais 9,3 % du budget des ménages, un niveau inférieur aux pics historiques mais à nouveau orienté à la hausse .
Au total, l’année 2024 marque un rééquilibrage du système énergétique français. La production reprend de la vigueur et la dépendance extérieure recule, mais les usages se recomposent de manière hétérogène, révélant des tensions persistantes entre sobriété, transition et pouvoir d’achat.
Un signal encourageant, mais encore fragile, à l’heure où les choix d’investissement et de rénovation énergétique restent déterminants pour les années à venir.

Source : Synthèse du bilan énergétique de la France en 2024 publiée par la SDES









