Choc fiscal en MARTINIQUE : les entreprises face à un risque de surcoût généralisé

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À la veille de la séance plénière de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), plusieurs organisations économiques du territoire ont pris la parole lors d’une conférence de presse commune. Leur objectif : alerter sur l’impact potentiel de nouvelles hausses de charges locales, dans un contexte où l’économie martiniquaise reste fragilisée par l’inflation et la vie chère.

Deux mesures concentrent aujourd’hui l’attention des acteurs économiques : l’évolution du versement mobilité et l’augmentation annoncée du prix de l’eau pour les professionnels.

Versement mobilité : une hausse qui change d’échelle

Le versement mobilité est une contribution patronale assise sur la masse salariale des structures de plus de 11 salariés. Son taux est plafonné à 2 % au niveau national, un seuil déjà atteint en Martinique. La collectivité envisage désormais de solliciter une habilitation législative pour porter ce taux à 3 %.

Derrière cette évolution technique se cache une hausse de 50 % des charges liées à ce prélèvement. Selon les chiffres évoqués lors de la conférence, le montant global collecté passerait d’environ 67 millions d’euros à près de 100 millions d’euros par an, soit 33 millions supplémentaires à l’échelle du territoire.

Pour certaines entreprises, cela représenterait plusieurs dizaines de milliers d’euros de charges annuelles en plus, intégrées directement aux coûts fixes.

Prix de l’eau : un transfert de charges vers les entreprises

Autre sujet de préoccupation : la hausse annoncée et effective de 40 % du prix de l’eau pour les entreprises sur le périmètre de la CACEM.

Cette augmentation intervient dans un contexte marqué par des déséquilibres structurels du service de l’eau, mis en évidence par les rapports de contrôle.

Déficits récurrents, rendement du réseau dégradé et sous-investissement chronique figurent parmi les causes identifiées.

Les organisations économiques soulignent que ces dysfonctionnements se traduisent aujourd’hui par un transfert de charges vers les usagers professionnels, sans réforme structurelle préalable du système.

Des entreprises déjà sous forte pression économique

Ces annonces interviennent alors que le tissu économique martiniquais reste sous tension. Inflation persistante, hausse des coûts d’exploitation, augmentation des primes d’assurance et ralentissement de l’activité dans plusieurs secteurs pèsent lourdement sur les entreprises locales.

Le BTP, l’industrie, l’agriculture ou encore le commerce figurent parmi les secteurs les plus exposés. Dans ces conditions, la capacité à absorber de nouvelles charges apparaît limitée. Chaque hausse de coût réduit les marges disponibles pour investir, recruter ou simplement maintenir l’activité.

Pouvoir d’achat et compétitivité : un équilibre fragile

Au-delà des entreprises, la question posée est celle de l’équilibre économique global du territoire. Lorsque les charges augmentent, les leviers d’ajustement sont restreints. À moyen terme, les surcoûts finissent par se diffuser dans l’économie locale, avec un impact potentiel sur les prix à la consommation.

Dans un territoire déjà confronté à la vie chère, les entreprises peinent à continuer de jouer un rôle d’amortisseur. La hausse des charges interroge ainsi directement la compétitivité locale et le pouvoir d’achat des ménages.


Des arbitrages attendus à la CTM

Face à ces perspectives, les organisations économiques appellent à un moratoire sur les hausses envisagées et à l’ouverture d’une concertation approfondie avec les acteurs du territoire.

Les décisions attendues lors de la plénière de la CTM engageront non seulement les entreprises, mais plus largement l’emploi, les prix et la résilience économique de la Martinique.

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