La réglementation environnementale RE2020 franchit une nouvelle étape. Un décret publié au Journal officiel du 17 janvier 2026 étend son périmètre à de nombreuses catégories de bâtiments jusqu’ici soumises à des cadres distincts. À partir du 1er mai 2026, cette évolution concernera l’ensemble des permis de construire et déclarations préalables déposés pour ces nouvelles typologies, marquant un tournant pour le tertiaire spécifique, l’industriel et l’artisanal.
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Des bâtiments très différents désormais soumis au même cadre
Jusqu’à présent, la RE2020 s’appliquait principalement aux logements et à certaines catégories de bâtiments tertiaires.
Le décret n°2026-16 du 15 janvier 2026 élargit désormais ce champ à des bâtiments aux usages très variés, allant des hôtels et commerces aux établissements de santé, en passant par les bâtiments universitaires, les aérogares ou encore les constructions industrielles et artisanales.
Cette extension traduit une volonté claire d’uniformiser les exigences de performance énergétique et environnementale sur un spectre beaucoup plus large du parc neuf.
Des exigences communes, mais des enjeux très contrastés
Appliquer un même cadre d’indicateurs à des bâtiments aussi hétérogènes soulève des enjeux techniques et opérationnels importants. Un hôtel, un restaurant ou un établissement de santé ne présentent ni les mêmes usages, ni les mêmes contraintes qu’un bâtiment industriel ou qu’un équipement sportif.
Pourtant, tous devront désormais répondre aux mêmes exigences minimales en matière de besoin énergétique, de consommation d’énergie primaire, de confort d’été ou encore d’impact carbone, tant sur l’énergie que sur les composants du bâtiment.
Le confort d’été et le carbone au cœur des nouvelles obligations
L’intégration d’indicateurs comme le DH, qui mesure l’inconfort estival, prend ici une dimension particulière. Pour des bâtiments fortement occupés ou très exposés, la question du confort thermique devient centrale, en lien direct avec les usages réels et les choix de conception.
De la même manière, l’indicateur Ic construction, qui évalue l’impact carbone des matériaux et du chantier, impose une réflexion renforcée sur les systèmes constructifs, y compris pour des secteurs historiquement moins concernés par ces approches environnementales.
Un signal européen avec le calcul informatif de l’énergie renouvelable
Le décret introduit également, à titre informatif, le calcul des consommations d’énergie primaire renouvelable via l’indicateur Cep,r.
S’il ne génère pas d’exigence réglementaire immédiate, cet ajout s’inscrit dans la continuité de la transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments et donne un signal clair sur la trajectoire attendue à moyen terme.
Des exclusions ciblées qui rappellent les limites du dispositif
Certaines limites du dispositif sont néanmoins clairement posées. La RE2020 ne s’applique pas aux bâtiments nécessitant des conditions très spécifiques de température, d’hygrométrie ou de qualité de l’air, ni aux constructions temporaires, aux très petites surfaces ou à certaines extensions.
Ces exclusions rappellent que l’application uniforme de la réglementation trouve rapidement ses limites face à des usages atypiques ou contraints.
Des assouplissements en discussion, jugés encore insuffisants
Parallèlement, cette extension du périmètre s’accompagne d’un débat toujours ouvert sur les modalités d’application de la RE2020. Les travaux de transposition du rapport Rivaton, publiés à l’été 2025, ont donné lieu à un projet de décret et d’arrêté soumis à consultation publique jusqu’au 9 février 2026.
Les premières mesures envisagées portent notamment sur le confort, les immeubles de grande hauteur, la climatisation ou encore la surélévation. Si ces orientations vont dans le bon sens, leur portée reste jugée limitée par la Fédération française du bâtiment.
Source : Fédération Française du Bâtiment









