Au 1er janvier 2025, le parc locatif social français poursuit sa progression, mais à un rythme ralenti. Selon les données publiées en janvier 2026 par le SDES, la France compte 5,4 millions de logements sociaux, en hausse de 0,5 % sur un an, contre +0,9 % l’année précédente. Cette évolution modérée intervient dans un contexte de tensions persistantes sur l’ensemble du territoire.
Le logement social représente désormais 15,9 % des résidences principales, soit près d’un ménage sur six. En 2024, 71 300 logements sont entrés dans le parc, mais les démolitions et les ventes ont limité la croissance globale. Surtout, les indicateurs de tension continuent de se dégrader : le taux de vacance tombe à 2,1 % au niveau national et la mobilité recule à 7,1 %, confirmant la difficulté d’accès et de rotation au sein du parc social.
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Des tensions encore plus marquées dans les territoires ultramarins
Ces déséquilibres nationaux se manifestent avec davantage d’intensité dans les Outre-mer. La part du logement social y est souvent élevée et l’habitat collectif largement dominant, dans un contexte de pression foncière et sociale accrue. Les données régionales issues du RPLS montrent que plusieurs territoires ultramarins figurent parmi les plus tendus de France.
La Réunion illustre particulièrement cette situation. Au 1er janvier 2025, l’île compte 84 988 logements sociaux, en progression de 1,8 % sur un an. Malgré cette croissance, le taux de vacance s’établit à seulement 1,1 %, soit environ 900 logements vacants. Avec la Corse, La Réunion se situe ainsi parmi les régions affichant la vacance la plus faible au niveau national.
Une offre qui progresse moins vite que la demande
Au-delà des volumes, la structure du parc évolue progressivement. Les logements mis en service ces dernières années sont en moyenne plus petits, afin de répondre à une demande en forte hausse sur les T1 et T2.
Entre 2019 et 2024, la demande de logement social a augmenté de 28 % en France, tandis que le parc ne progressait que de 6 % sur la même période. Cette dynamique concerne également les Outre-mer, où la faiblesse de la vacance et le ralentissement de la mobilité limitent les possibilités de relogement.
Loyers sociaux : des écarts de niveau, une hausse généralisée
Le loyer moyen du parc social atteint 6,76 €/m² au 1er janvier 2025, en hausse de 3,6 % sur un an. Les niveaux restent plus élevés en Île-de-France, mais la progression est comparable dans l’ensemble des territoires, y compris ultramarins. Cette hausse pèse sur les ménages modestes, dans des contextes où les marges financières sont souvent plus contraintes.
La comparaison entre la France entière et les Outre-mer met en évidence une tension désormais structurelle du logement social, mais vécue de manière plus aiguë dans certains territoires. Le cas de La Réunion montre que, malgré une progression du parc, la pression sur l’offre reste très forte. Ces écarts soulignent l’importance d’une lecture territorialisée des données du logement social, afin d’appréhender les réalités spécifiques des Outre-mer dans le paysage national.









