Travaux publics : le cycle pré-électoral en panne en 2025

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L’année 2025 devait, comme souvent à l’approche d’échéances municipales, porter un regain d’activité dans les travaux publics. Les derniers indicateurs montrent pourtant une réalité bien différente. Selon le bulletin de conjoncture de la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) publié en janvier 2026, le secteur s’installe dans un ralentissement durable, loin des dynamiques habituellement observées en période pré-électorale.

Une activité qui tient, mais sans véritable élan

Sur les onze premiers mois de l’année, l’activité globale résiste à peine. Les travaux réalisés reculent de 0,3 % en volume par rapport à 2024. Une stabilité apparente qui masque une fragilité plus profonde.

En novembre, la production se replie nettement, effaçant le léger mieux observé le mois précédent. La FNTP le souligne clairement : « En novembre 2025, l’activité des travaux publics recule, tant par rapport à octobre que par rapport à novembre 2024 ».

Plus préoccupant encore, la fédération estime que le secteur s’oriente « au mieux, vers une croissance nulle sur l’ensemble de 2025 », alors que les années pré-électorales enregistrent en moyenne une progression de plus de 3 %.

Les prises de commandes, véritable point de bascule

Mais le véritable signal d’alerte ne se situe pas du côté de la production. Il se trouve en amont, dans la commande. Les marchés conclus chutent de 10,1 % sur la période janvier-novembre, en euros constants. En novembre seul, la baisse atteint 12,1 % sur un an, et s’aggrave encore sur les trois derniers mois.

Le volume des commandes se situe désormais environ 15 % en dessous des niveaux constatés lors des précédentes années pré-électorales, en 2013 et 2019. Autrement dit, le moteur qui alimente l’activité future tourne au ralenti.

Emploi et heures travaillées : un ajustement progressif mais réel

Cette contraction des prises de commandes éclaire la trajectoire de l’ensemble des indicateurs sociaux. L’emploi et le temps de travail s’ajustent sans brutalité, mais de façon continue. Les heures travaillées par les ouvriers permanents reculent légèrement sur l’année, tandis que l’intérim joue pleinement son rôle de variable d’ajustement.

Les heures intérimaires diminuent de plus de 4 % sur onze mois, confirmant une stratégie défensive des entreprises face à l’incertitude. Les effectifs permanents, eux aussi, s’érodent lentement, avec une baisse proche de 1 %.

Des coûts plus stables, mais insuffisants pour relancer l’activité

Dans ce contexte, l’évolution des coûts de production ne constitue pas un facteur aggravant majeur. L’index TP01 progresse modérément sur l’année, signe d’un apaisement après les fortes tensions des exercices précédents.

Mais cette stabilisation ne suffit pas à relancer la machine. Sans perspectives de commandes, la maîtrise des coûts ne peut, à elle seule, enclencher un nouveau cycle d’investissement.

Commande publique : le facteur clé des prochains mois

La FNTP pointe ainsi un blocage bien identifié : celui de la commande publique. Le gel des décisions en période électorale est un phénomène connu. Mais en 2025, il s’installe plus tôt et plus profondément que prévu.

La fédération avertit que « le dégel de la commande publique doit être préparé », car il conditionne « le redémarrage progressif des projets, essentiels pour répondre aux besoins d’infrastructures et de mobilité ».

L’enjeu dépasse la seule conjoncture annuelle et touche directement la capacité des territoires à investir.


Travaux Publics

Consulter le bulletin mensuel de conjoncture – Novembre 2025 de la FNTP ici


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