32 % des Guadeloupéens estiment leur logement exposé aux inondations

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La synthèse 2025 de l’étude sur la perception du changement climatique en Guadeloupe, réalisée pour l’Observatoire régional de l’énergie et du climat (OREC), dresse un constat clair : le changement climatique ne relève plus d’une projection lointaine. Il s’inscrit désormais dans le quotidien des habitants.

90 % des Guadeloupéens déclarent déjà en percevoir les effets et 79 % se disent inquiets face à ses conséquences. Par ailleurs, 70 % des personnes interrogées en donnent une définition correcte. La prise de conscience est largement installée.

Des risques identifiés, d’abord les inondations et le littoral

Les inondations arrivent en tête des phénomènes associés au changement climatique. 77 % des habitants établissent un lien direct entre ces épisodes et l’évolution du climat. Les risques côtiers — érosion, submersion marine, montée des eaux — sont encore plus fortement corrélés au changement climatique, avec 87 % des répondants qui font cette association.

Dans ce contexte, la question du logement devient centrale. Un tiers des Guadeloupéens, soit 32 %, estime que son domicile est exposé au risque d’inondation. Concernant le risque côtier, un habitant sur cinq considère être directement concerné, avec une perception d’exposition plus élevée à proximité immédiate du littoral.

Une ouverture au déménagement qui progresse

Face à cette exposition, l’étude met en évidence une disposition non négligeable à envisager un changement de lieu de vie. Parmi les personnes se déclarant exposées au risque d’inondation, 52 % indiquent qu’elles pourraient déménager vers une zone jugée plus sûre.

Cette proportion atteint 67 % chez les 16-18 ans et 66 % chez les habitants résidant à moins de 100 mètres de la mer. À l’inverse, les personnes âgées, bien qu’elles expriment un niveau d’inquiétude élevé, demeurent plus attachées à leur lieu de résidence.

Santé et climat : une inquiétude marquée

La dimension sanitaire ressort fortement des résultats. 85 % des Guadeloupéens estiment que le changement climatique a un impact négatif sur la santé humaine, un taux légèrement supérieur à celui observé en France hexagonale (82 %).

Les effets cités concernent notamment la déshydratation, la circulation de virus, les conséquences des inondations ou encore les émanations liées aux sargasses. L’étude souligne que ces impacts sont perçus comme concrets et quotidiens, en particulier par les populations les plus fragiles.

Des perceptions qui varient selon les profils

Les différences apparaissent nettement selon le genre, l’âge et le niveau d’études. Les femmes se déclarent plus inquiètes que les hommes et se montrent davantage engagées sur les questions environnementales (52 % contre 42 %). Les personnes ayant suivi des études supérieures manifestent également une conscience plus marquée des enjeux climatiques.

L’expérience personnelle joue un rôle déterminant : 9 Guadeloupéens sur 10 déclarent avoir vécu un événement climatique marquant — inondations, crues, fortes chaleurs ou cyclones — et deux personnes sur trois estiment que ces épisodes ont modifié leur perception du changement climatique.

Des gestes engagés, mais une transition incomplète

Sur le plan des comportements, 78 % des habitants déclarent avoir déjà modifié certaines habitudes pour réduire leur impact environnemental. Les actions les plus répandues concernent la réduction de la consommation d’énergie (79 %) et le tri des déchets (77 %).

En revanche, les évolutions plus structurantes restent limitées : seuls 8 % utilisent un véhicule électrique et plus de la moitié rejettent cette option. Les changements de consommation alimentaire demeurent également minoritaires.

Une sensibilisation encore inégale

Moins de la moitié des Guadeloupéens (47 %) déclarent avoir été exposés à une campagne de sensibilisation au changement climatique. La télévision (69 %) et la radio (39 %) constituent les principaux canaux d’information, tandis que les jeunes s’informent davantage via les réseaux sociaux.

L’étude met aussi en évidence un recul de la connaissance des dispositifs de prévention des risques : 52 % des habitants déclaraient ne pas les connaître en 2022, contre 44 % en 2013.

Une demande de cohérence et d’actions concrètes

Enfin, les attentes envers les décideurs locaux apparaissent clairement formulées. Les habitants demandent davantage de cohérence entre urbanisme et vulnérabilité aux risques, ainsi qu’une information plus lisible et concrète.

Les priorités varient selon les profils : prévention des risques naturels pour les seniors, protection de la biodiversité pour les moins diplômés, préoccupations environnementales élargies chez les 25-39 ans.

L’ensemble des résultats montre une population largement consciente des enjeux climatiques, attentive aux risques d’inondation et aux aléas côtiers, et sensible aux impacts sanitaires. Les données traduisent également une évolution des intentions résidentielles et des comportements, dans un contexte où la demande d’information et de coordination des politiques publiques reste forte.


Consulter ici la Synthese de l’Étude sur la perception du changement climatique en Guadeloupe (juillet 2025)

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